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10/03/2014

Cuba : décès de l'"Héroïne" de la Révolution, Melba Hernández

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"Héroïne" de la Révolution cubaine, Melba Hernández, qui fut une des deux seules femmes ayant accompagné Fidel Castro dans ses premiers faits d'armes en 1953, est décédée dimanche à La Havane à 92 ans, a annoncé lundi la presse cubaine.

"Avec une profonde douleur, la direction du Parti communiste cubain (PCC) et de l'Etat informent notre peuple que l'Héroïne de la Moncada Melba Hernández Rodriguez est morte dans la nuit d'hier dimanche 9 mars à la suite de complications associées au diabète dont elle souffrait depuis de longues années", a indiqué le quotidien officiel Granma.

Melba Hernández, avocate de formation, avait été, avec Haydée Santamaria parmi les premières femmes à se joindre au mouvement de Fidel Castro en lutte contre la dictature de Fulgencio Batista. Toutes deux furent les seules à participer le 26 juillet 1953 à l'assaut contre la caserne Moncada à Santiago de Cuba, dans l'extrême sud-est de Cuba. Après l'échec de cette première action armée menée par Fidel Castro, elle avait été arrêtée, puis libérée en février 1954. "Melba avait tenu un rôle déterminant dans la compilation et l'édition des notes prises par Fidel en prison, puis dans leur impression et distribution clandestine", rappelle Granma. Elle avait participé au Mexique à la préparation de l'expédition du Granma, le yacht grâce auquel Fidel Castro et 80 militants armés avaient regagné Cuba en décembre 1956 pour entamer la lutte armée, qu'elle devait rejoindre par la suite.

Après l'avènement de la Révolution en janvier 1959, Melba Hernández avait été parmi les fondateurs du Parti communiste de Cuba, députée et ambassadrice au Vietnam notamment. "Héroïne du Travail" et "Héroïne de la République de Cuba", Melba Hernandez avait exprimé le voeu d'être incinérée et que ses cendres reposent au cimetière de Santa Ifigenia, à Santiago de Cuba, aux côtés des restes des autres assaillants de la caserne Moncada, selon Granma.

Article publié par l'Humanité

19:06 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Politique | Tags : melba hernandez, cuba, héroïne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

01/03/2014

CUBA : CONCOURS INSOLITE DE LA CENDRE DE CIGARE LA PLUS LONGUE

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La cendre de cigare la plus longue mesure 16,9 centimètres. Avec cette performance, la journaliste cubaine Olivia Terry a gagné le concours de la 16e édition du Festival du habano, le cigare cubain. La compétition était organisée à La Havane, la capitale de Cuba.

Imaginez des centaines d'amateurs de cigares réunis dans un grand auditoire à Cuba. Des hommes et des femmes fumant le cigare sans discontinuer avec un objectif en tête : avoir la plus longue cendre, sans qu'elle ne se casse. C'est le résultat d'un concours organisé ce jeudi dans la salle du Palais des Conventions à La Havane.

Pour déterminer le gagnant, les juges ont dû mesurer les restes des cigares, une fois la cendre tombée.

Le vainqueur de ce concours insolite aurait du être une femme, Olivia Terri, âgée de 67 ans. Son cigare ne mesurait plus que 0,9 cm après la cendre soit tombée.

L'histoire ne dit pas comment ces participants ont réussi à tenir le coup dans cette salle complètement enfumée, où l'air devait être irrespirable.

Article publié par la RTBF

11:50 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Société | Tags : cuba, cigare, record, cendres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

15/02/2014

CAIMANERA : LES VOISINS DE GUANTANAMO !

caiminera.jpgPour RFI Charlotte Cosset

La baie de Guantanamo à Cuba est connue pour la base américaine et sa prison tristement célèbre. Les Américains louent depuis 1903 ces 121 km² de territoire cubain. Dans cette baie, les habitants de la petite ville de Caimanera sont les plus proches voisins des Américains et font frontière commune. Même si les habitants de Caimanera estiment que leur quotidien ressemble à celui de tous les autres Cubains, la vie dans cette ville située en zone militaire y est tout de même un peu particulière.

Caimanera, 10 000 habitants, est la dernière ville avant la zone militaire américaine. Située à 25 kilomètres de la capitale de la province, Guantanamo, le train est l’une des meilleures façons pour s’y rendre. Les rails traversent la campagne cubaine puis plusieurs kilomètres de salines. A partir de cet endroit, il est interdit de prendre des photos jusqu’à nouvel ordre, explique le guide : « zone sensible ».

La ville cubaine, dernier bastion avant la base militaire américaine, est située en plein cœur d’un périmètre de sécurité. Impossible d’entrer librement dans Caimanera. Avant toutes choses, il faut faire des demandes de laissez-passer au « poder popular », les représentations locales du parti. Une fois ces papiers obtenus – après vérification des antécédents de la personne -, les Cubains peuvent entrer dans la ville et rejoindre les gens censés les accueillir. Les étrangers, eux, sont accompagnés d’un guide officiel chargé ni plus ni moins de surveiller leurs déplacements et les conduit à l’hôtel toujours « officiel ».

Caimanera hors circuit

Au premier abord, Caimanera ressemble aux autres villes cubaines : bâtiments surmontés de slogans politiques, présence de comités de défense de la révolution, soleil et humidité… Néanmoins, une ambiance particulière règne dans cette zone. De jour, Caimanera est calme : peu de musique, peu de bruit même dans les grands ensembles. Surmontée de miradors cubains et américains, à la tombée de la nuit la ville devient l’objet d’une surveillance accrue. De gros projecteurs balaient la baie et la frontière entre les deux territoires pour s’assurer que personne ne tente de traverser.

Les touristes sont peu nombreux à s’aventurer jusqu’à Caimanera. Les tours opérateurs prévoient un passage par la ville de Guantanamo, par celle de Baracoa connue pour son chocolat mais évitent Caimanera. La difficulté d’obtention des autorisations d’entrée permet aussi d’éliminer une partie de ceux qui auraient pu être motivés par la visite. Un certain repli qui explique qu’ici, au contraire des villes très touristiques comme La Havane ou Santiago de Cuba, personne n’interpelle les étrangers. Ces derniers sont scrutés avec méfiance et les premiers contacts sont difficiles à établir.

C’est ce qu’expose Arthuro Castro, professeur de football. Nous discutons chez lui autour d’un thé : « A cause de la base, il n’y a presque pas de touristes, regrette-t-il. Ici les gens sont méfiants car c’est une ville très fermée et puis on peut avoir des problèmes si on parle aux étrangers. La ville est petite et la rumeur va vite. On va dire partout que j’ai fait venir chez moi des étrangers et ça va poser beaucoup de questions. "Pourquoi Arthuro a accueilli des étrangers ? Qui sont-ils ?" »

Pêche, sel et canne à sucre

Inquiets, nous lui demandons si nous risquons de lui attirer des ennuis. « J’espère que non », répond-il dans un sourire. Arthuro regrette cette fermeture : « C’est en faisant comme moi, en s’ouvrant petit à petit que nous pourrons développer le tourisme. » Une ouverture que souhaitent beaucoup d’habitants de cette ville dont l’économie est précaire.

L’historien de Caimanera Joaquin Toirac Adames souligne cet état de fait : « A cause du blocus américain et en plus de la proximité de la base, la ville est dans une situation très spéciale et est économiquement isolée. » Pourtant la base a pendant longtemps été un atout pour la ville. De nombreux Cubains traversaient tous les jours la baie pour travailler pour les Américains. Plusieurs milliers de Cubains ont vécu de la présence des « Yankees ». Mais depuis la révolution, Fidel Castro a interdit toute nouvelle embauche de locaux. Aujourd’hui, aucun Cubain ne travaille plus sur la base et le village vivote principalement de la pêche, du sel et de la culture de la canne à sucre.

Depuis la jetée, les habitants de Caimanera observent la présence américaine. L’armée surveille intensément la frontière pour éviter tout incident diplomatique. Un long bâtiment blanc fait face à la ville. Impossible de ne pas penser aux prisonniers invisibles depuis la berge.

19:45 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Environnement, Voyage | Tags : caimanera, guantanamo, cuba, tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

09/02/2014

SIX MILLE MEDECINS CUBAINS EN RENFORT AU BRESIL !

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La nouvelle a déchaîné les passions au Brésil: 6 000 médecins cubains sont appelés à la rescousse d'un État brésilien incapable ou non-désireux, par sa politique de privatisation de la santé, d'assurer les soins de sa population dans les régions déshéritées du pays.

Ce 28 janvier, 2 000 nouveaux médecins cubains sont arrivés en terre brésilienne, se joignant aux 4 000 déjà présents, appelés par l’État brésilien dans le cadre du programme « Mais médicos para Brasil » (Plus de médecins pour le Brésil).

Ce programme vise à répondre aux graves insuffisances du système de santé brésilien, d'abord les inégalités sociales et territoriales renforcées par la privatisation d'un système de santé déficient sous la dictature, puis privatisé dans la vague néo-libérale des années 1980-1990.

Les habitants du « Nordeste », région la plus pauvre du pays a un taux de mortalité deux fois supérieur à celui des régions du Sud (23 pour 1 000, entre le Zimbabwe et la Mongolie!), une espérance de vie inférieure de 5 ans, de 71 ans (au niveau du Maroc).

La présidente brésilienne insiste, elle, sur les « déserts médicaux », essentiellement le « Nord » amazonien (1 médecin pour 1 300 habitants, l'équivalent du Sri Lanka) avec des conséquences désastreuses, semblables à celles connues dans le Nordeste.

L'arrivée des médecins cubains – tous polyglottes, ayant déjà effectué deux missions à l'international, dotés d'une formation de qualité – a suscité la levée de boucliers de l'Ordre des médecins brésiliens.

Pourtant, la comparaison entre les systèmes cubains et brésiliens ne laisse aucune place au doute.

Une comparaison Cuba-Brésil sur la santé qui fait honte à la 6 ème économie du monde !

Face à ce déchaînement d'anti-communisme dans la presse bourgeoise brésilienne, certains médecins progressistes brésiliens ont rétabli la vérité.

Cuba est numéro un mondial pour le nombre de médecins par habitants (1 pour 150), aujourd'hui il compte 80 000 médecins (contre 6 000 en 1959), tandis que 30 000 médecins opèrent dans des missions de solidarité à l'étranger dans une soixantaine de pays.

A ce jour, Cuba forme à part égale 5 000 médecins cubains dans ses 25 facultés publiques et 5 000 médecins étrangers, essentiellement latino-américains, recevant une formation gratuite dans l’École latino-américaine de médecine (ELAM).

La « crise médicale » au Brésil se répercute déjà dans les chiffes : le pays compte 1 médecins pour 550 habitants en moyenne (guère mieux qu'en Bolivie ou en Équateur), l'Etat du Maranhao (au Nord) en compte 1 … pour 1 638 !

Les résultats se passent de commentaires : Cuba dispose d'une espérance de vie de 78 ans, un taux de mortalité infantile de 4 pour 1 000 – des chiffres comparativement meilleurs à ceux des Etats-unis – tandis qu'au Brésil l'espérance de vie est de 73 ans, le taux de mortalité infantile de 17 pour 1 000.

Piètres performances pour la sixième économie du monde qui cachent d'énormes inégalités héritées d'une société coloniale, des dictatures réactionnaires du XX ème siècle patronnées par les Etats-unis puis du tournant néo-libéral des années 1980 maintenu par l'actuel gouvernement.

Brésil : catastrophe sanitaire, privatisation de la santé et illusions perdues du « Parti des travailleurs »

Qu'a changé l'arrivée de Lula et Dilma, l'espoir du « Parti des travailleurs » au Brésil ? Peu de choses. Certes, les indicateurs de santé se sont lentement mais sûrement améliorés (selon une dynamique séculaire) mais les inégalités sociales et territoriales se sont consolidées.

Lula a hérité en 2003 à la fois des promesses du « Système unique de Santé » institué en 1988 à la fin de la dictature, censé garantir un accès universel et gratuit à la santé, et de la réalité d'un cap néo-libéral orienté vers la privatisation de la santé, creusant les inégalités.

Lula a choisi de poursuivre sur la voie de la privatisation, par plusieurs biais, conduisant uniformément à une baisse de la qualité du service public, le développement d'un marché privé de la santé, la précarisation des personnels :

Ce sont d'abord les coupes dans la santé publique: en 2013, le gouvernement brésilien a coupé 1,5 milliard d'euros dans le budget de la santé, ce qui va se traduire par la dégradation d'un service public déjà dévasté.

Au-delà des effets d'annonce, le budget de la santé publique nationale s'élève en 2013 à 22 milliards d'euros, il était en 1995 de 27 milliards d'euros.

C'est le développement de la sous-traitance des hôpitaux et centres de santé à des organismes privés, les « Organisations sociales » (OS) qui sont désormais majoritaires (deux-tiers des établissements de santé au Brésil sont privés), au nom d'une pseudo « efficacité ».

Si on prend le cas de l’État de São Paulo, l’État le plus riche du Brésil, 34 des 58 hôpitaux sont gérés par des OS. Seulement 4 ont un bilan comptable positif, les scandales de sur-facturation (ou fausses factures), de népotisme, de détournement de fonds publics, sont légion.

A Sao Paulo, les achats de médicaments et d'équipement médical coûtent six fois plus chers dans les OS que dans les hôpitaux publics. En général, les coûts de fonctionnement sont 50 % plus élevés dans les organismes sous-traités au privé.

A quoi a servi cette « tertiarisation » des hôpitaux publics ?

D'une part à alimenter les profits des industriels proches des autorités, d'autre part à précariser les personnels – avec la fin du recrutement national, les contrats temporaires, la politique du chiffre – enfin à réduire encore l'accès à la santé pour la population (en 2009, à Sao Paulo, 700 000 personnes ont perdu l'accès au programme public de santé !)

C'est d'autre part le soutien à une industrie privée de la santé, un lobby pharmaceutique allant de pair avec l' « autonomie » des centres hospitaliers et des laboratoires de recherche : là, c'est directement la politique de Lula puis Dilma depuis 2007, l'achèvement de la privatisation.

En 2008, Lula a fait passer la loi sur les « Fondations publiques de droit privé », un statut qui permettait aux établissements publics (dont les hôpitaux, labos) d'obtenir une autonomie financière, de contractation avec des entreprises privées, de gérer l'établissement selon ses propres critères.

En 2010, le dispositif a été étendu à tous les hôpitaux universitaires avec la création de l'Entreprise brésilienne des services hospitaliers (EBSERH).

Cette privatisation larvée facilite désormais la conclusions de partenariats publics-privés, notamment dans la recherche.

Fonds publics, profits privés, puisqu'en 2013 le gouvernement vient d'offrir un Crédit impôt de 3 milliards d'euros pour que 15 laboratoires publics et 35 laboratoires privés travaillent ensemble sur la réalisation de 61 nouveaux médicaments.

Enfin, c'est la politique d'appui direct ou indirect au développement des fonds d'assurance santé privés.

Par les exemptions fiscales pour les opérateurs, financement public des dispositifs pour fonctionnaires ou les déductions d'impôt sur le revenu aux consommateurs : ce sont officiellement 1,5 milliard qui y sont dévolus chaque année, autant que les coupes dans la santé de cette année !

En dix ans, le nombre de Brésiliens dépendants d'un système d'assurance-santé privé est passé de 32 à 47 millions. Aujourd'hui, 54 % des dépenses de santé au Brésil sont assurées par le secteur privé (contre 15% en France), un schéma à la nord-américaine.

Dernièrement, les industriels du secteur des assurances-santé – dans la lignée de l'Obamacare – ont proposé que soient adoptés de gigantesques exemptions fiscales en échange de plans d'assurance-privé rendus accessibles aux couches populaires, une solution reprise par Dilma.

Un palliatif intégré au système de santé à plusieurs vitesses brésilien ?

Le Parti communiste de Brésilien (PCB), reprenant les déclarations des Associations de médecins progressistes souligne à la fois le geste de Cuba, la possibilité de faire avancer l'idée d'un Service national de santé 100 % public, gratuit, universel, mais aussi la duperie du gouvernement.

Pour le gouvernement brésilien, les médecins cubains ne sont qu'un « palliatif », une solution de circonstance en forme d' « externalisation » à une main d’œuvre dévouée, bon marché, excellemment formée. Cela ne résoudra pas non plus le problème de manque de structure.

Comme le fait déjà l'Etat brésilien avec les ONG (les « Organisations de la société civile et d'intérêt public »/OSCIP), il s'agit sans nul doute de combiner au Système de santé public pauvre pour les pauvres, au Système de santé privée coûteux pour les riches, un troisième système : un service d'assistanat tertiarisé.

Ceci, les communistes brésiliens en sont conscients. Toutefois, ils soulignent aussi d'une part que cela peut être un point d'appui pour faire monter la campagne pour une santé 100 % publique, gratuite, universelle. D'autre part, cela constituera un soulagement appréciable pour des millions de brésiliens en manque de soins urgents, dont la vie est mise en péril par ce système de santé inique.

Lors du dernier sommet du CELAC, le Brésil de Dilma a tenté une opération séduction envers Cuba, proposant de « renforcer la coopération économique entre les deux États ».

Cette coopération médicale participe à cette nouvelle politique économique. Le Brésil financera, comme premier projet de coopération, un port à conteneurs de Mariel, une sorte de première « zone économique spéciale » financée à 70 % par le Brésil.

Au-delà des doutes sur cette opération, encore une fois, l'aide internationaliste cubaine ne peut qu'être soulignée : vive la « solidarité des faibles » comme l'appelait Ernesto 'Che' Guevara, l'internationalisme socialiste, dont Cuba est le principal acteur !

Lien Solidarité Internationale