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11/04/2017

Équateur. Lenin Moreno reprend le flambeau de la révolution citoyenne

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Cathy Dos Santos, L'Humanité

Le candidat d’Alliance Pays s’est imposé face à celui de la finance, Guillermo Lasso qui a contesté les résultats. Le successeur de Rafael Correa entend approfondir les politiques d’inclusion sociale.

Après la victoire de la droite en Argentine, puis le coup d’État institutionnel contre la gauche au Brésil, et alors même que la crise politique s’intensifie dangereusement au Venezuela, le second tour de l’élection présidentielle en Équateur était très attendu.

Les Équatoriens ont défait dans les urnes les pronostics des grands groupes médiatiques selon lesquels la vague néolibérale qui souffle actuellement sur l’Amérique latine allait balayer la « révolution citoyenne » initiée en 2006 par l’actuel chef de l’État, Rafael Correa. Le candidat d’Alliance Pays (AP), Lenin Moreno, a remporté le scrutin présidentiel avec 51,16 % des suffrages, selon un décompte presque définitif du Conseil national électoral (98 %). Il devance ainsi l’ex-banquier et chantre de la droite Guillermo Lasso, qui totalise 48,84 % des votes. Face à huit adversaires au 1er tour, l’ancien vice-président (2007-2013) avait raté de peu l’élection le 19 février, en trébuchant sur la barre fatidique des 40 % des suffrages requis.

Il affrontait dès lors un bloc hétéroclite miraculeusement réuni autour d’un maigre programme : « Tout sauf Lenin ». Ce qui explique l’écart de moins de 230 000  voix qui sépare les deux hommes. Le représentant du secteur bancaire et du patronat n’a d’ailleurs pas hésité à se saisir de ce résultat pour crier à la manipulation. « Nous ne permettrons pas que l’on violente la volonté populaire », a écrit Guillermo Lasso sur son compte Twitter.

Les formations progressistes régulièrement accusées de fraude

« Il faut descendre dans les rues pour dire : “Ne me vole pas mon vote” parce que nous voulons un changement en Équateur », a-t-il insisté, en ajoutant qu’il allait « présenter des objections de manière soutenue ». Et dans la foulée, de s’en remettre à l’Organisation des États américains, organisme d’ingérence par excellence des États-Unis, en dépit de la présence d’organismes et d’observateurs internationaux qui n’ont émis aucune critique quant au déroulement du scrutin. La réaction de Guillermo Lasso n’est pas franchement surprenante. Depuis l’avènement des premiers gouvernements de gauche à la fin des années 1990, le scénario se répète : à chaque fois que les formations progressistes gagnent de peu une élection, on les accuse de fraudes et lorsqu’elles triomphent haut la main, il en est de même.

Lenin Moreno, qui sera officiellement investi le 24 mai, s’est posé en président de tous les Équatoriens et a enjoint à ses compatriotes de « travailler pour le pays […] en paix et en harmonie ». « Je serai le président de tous et vous allez m’aider. Lorsque j’achèverai mon mandat, nous pourrons dire : la malnutrition infantile, la crise du logement, la pauvreté extrême et la corruption ont été éradiquées », a-t-il déclaré dès dimanche soir.

Durant la campagne, le candidat de la gauche n’a cessé de mettre en avant le bilan de la « décennie gagnée », notamment grâce aux politiques d’inclusion sociale qui ont extirpé deux millions de personnes de la pauvreté. Mais sans non plus taire les imperfections et les erreurs de ses prédécesseurs. Pas question pour autant de toucher à la politique de redistribution impulsée par Rafael Correa. Durant son mandat, il souhaite mettre l’accent sur la création d’emploi.

Un effort financier de 241 millions de dollars pour l’emploi des jeunes

Avec la construction de 325 000 nouveaux logements, dont 191 000 seront attribués gratuitement aux familles ayant des bas revenus, 136 000 postes devraient voir le jour. Dans un contexte national et régional de ralentissement économique avec la chute du cours des matière premières, le nouveau président plaide pour un effort financier de 241 millions de dollars (225 millions d’euros) en direction de l’emploi des jeunes. Les actuelles aides sociales en faveur des foyers les plus pauvres seront également revalorisées. Bref, Lenin Moreno n’entend pas reculer sur les dépenses publiques génératrices elles aussi de gains, en dépit des critiques de ses opposants de droite.

Enfin, dans un autre registre, la victoire de la gauche pérennise l’asile du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, réfugié dans l’ambassade équatorienne de Londres depuis juin 2012, alors que Guillermo Lasso rêvait de l’expulser en moins de trente jours en cas de victoire.

19:03 Publié dans AL-Pays : Equateur, Portrait | Tags : equateur, lenin moreno, président | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

30/08/2015

Cuba. Josefina Vidal, diplomate jusqu’au bout des ongles

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Depuis le réchauffement des relations avec les États-Unis, c’est une femme qui mène le train des négociations. La directrice générale de la section des États-Unis au ministère des Relations extérieures fait partie de la nouvelle génération des dirigeants cubains.

Le dernier round des négociations cubano-nord-américaines venait de se terminer à Washington et Josefina de la Caridad Vidal Ferreiro faisait son entrée dans la salle de presse.

La chef de la délégation cubaine, 54 ans, balayait du regard les journalistes présents et d’une voix posée déclarait : « Nous avons progressé en peu de temps, alors que les relations de mon pays avec les États-Unis sont interrompues depuis plus de cinquante ans. »

Une professionnelle qui recherche « le sans-faute »

Progressé ? Cuba retiré de la liste des pays terroristes, plusieurs problèmes techniques comme ceux relevant des affaires bancaires réglés, le rétablissement des relations diplomatiques pouvait être envisagé. Reste que Madame la négociatrice rappelait plusieurs revendications cubaines : la levée de l’embargo, la fin de l’occupation américaine à Guantanamo, l’arrêt des atteintes à la souveraineté de son pays avec notamment la fermeture des émissions de radio et de télé états-uniennes appelant à la subversion. Mme Vidal, diplomate jusqu’au bout de ses ongles vernis, sourire aux lèvres, a de la classe, reconnaissent ses interlocuteurs. De la classe ? Pas seulement.

La dame, selon ceux qui ont travaillé avec elle ou l’ont approchée, est redoutable d’intelligence, de connaissances et de savoir-faire. Son homologue américaine aux négociations, Roberta Jacobson, qui n’est pas née, elle aussi, de la dernière pluie, le reconnaît, déclarant publiquement qu’elle apprécie « le sens pragmatique » de son interlocutrice, glissant discrètement à son entourage : « Faut pas se laisser embobiner par cette communiste de haut vol. » Bien vu.

vidal.jpgJosefina Vidal, directrice générale de la section des États-Unis au ministère cubain des Relations extérieures, est membre du comité central du Parti communiste de Cuba. Fille de coco et fière de l’être. Jusqu’où ira son parcours ? Elle a étudié de 1979 à 1984 à Moscou à l’Institut des relations internationales. Jusqu’en 1990, elle a travaillé au centre d’études sur les États-Unis à l’université de La Havane avant de séjourner sept ans à Paris à l’ambassade de Cuba comme analyste puis de rejoindre Washington comme première secrétaire de la section des intérêts cubains. Mme Vidal, Mme de la Caridad Vidal Ferreiro, Companera Josefina, c’est selon, parle parfaitement l’anglais, le russe et le français. Ça aide. Sera-t-elle la prochaine ambassadrice de Cuba à Washington ?

Cette femme fait partie de la nouvelle génération des dirigeants cubains. Ils ont la cinquantaine, sont nés avec la révolution et ont bénéficié d’une formation de qualité dans les écoles et les universités de l’île : les atlantes métissés du futur souvent présentés comme « les enfants de Fidel ». Ils savent ce qu’ils doivent à la révolution, ils savent aussi que le monde change et qu’il faut prendre à bras ouverts les bouleversements technologiques, économiques, sociétaux afin de donner un souffle nouveau à la construction de la société socialiste au risque sinon de disparaître. Tel est le sens des réformes mises en œuvre ces dernières années sous l’impulsion de Raul Castro, qui a d’ores et déjà annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la présidence du pays.

Josefina Vidal reste d’une grande discrétion sur sa vie personnelle. Elle joue collectif. Trop peut-être pour ceux qui, comme nous, veulent en savoir un peu plus sur sa vie, ses goûts, sa famille sans sombrer dans la « pipolisation ». Elle s’en tient à son « job ». Une professionnelle qui recherche « le sans-faute » jusqu’au moindre détail, au risque de la rendre déshumanisée. Alors, derrière la carapace, quoi ?

Ses anciens camarades de lycée et d’université s’accordent à souligner sa « gentillesse ». Elle n’a jamais eu « la grosse tête », affirme Manuela, qui a partagé les mêmes salles de classe avec la diplomate. Et qui ajoute : « Je ne sais pas si elle a maintenant le temps de cuisiner mais je me souviens qu’elle préparait superbement le guacamole. » On ne saura pas – pour le moment – si elle préfère la cuisine française au traditionnel porc-haricots cubain ou à l’hamburger états-unien. En revanche, on sait qu’elle ne partira pas en vacances cette année, rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis oblige.

Dans la longue histoire cubano-nord-américaine d’après la révolution, Fidel et Raul Castro ont joué les premiers rôles. Il y a eu aussi Ricardo Alarcon, représentant de Cuba aux Nations unies et interlocuteur redouté des Yankees. Désormais, une nouvelle figure s’affirme : une femme, une révolutionnaire de son temps, Mme Josefina Vidal.

Cinquante-quatre ans après…  Les États-Unis et Cuba ont officiellement rouvert leurs ambassades à La Havane 
et à Washington, le 20 juillet dernier. 
À Washington, une cérémonie a eu lieu 
en présence du ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, la première visite d’un chef de la diplomatie cubaine depuis 1959. Le drapeau cubain hissé était celui qui avait été retiré le 3 janvier 1961 lors de la fermeture de la mission diplomatique cubaine aux États-Unis. Ce drapeau avait été ramené à Cuba et conservé par l’historien Eusebio Leal. À La Havane, aucune cérémonie n’a eu lieu, mais le bloc de béton et de verre situé sur le Malecon, boulevard du front de mer, sera bien transformé en ambassade américaine.

Elles et les combats d'aujourd'hui
José Fort
Mercredi, 12 Août, 2015
L'Humanité
 
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30/05/2015

La visite impromptue de Rihanna enflamme Cuba

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Rihanna est décidément toujours aussi surprenante. La pop star originaire de la Barbade a effectué une visite impromptue sur l'île de Cuba et à sa capitale La Havane. 

Rihanna venue poser pour un photoshoot en a profité pour danser sur de la musique cubaine et goûter un échantillon de la cuisine locale.La toute nouvelle égérie Dior, est arrivée «en un battement d'aile, comme les Cubains disent » pour une visite non prévue, a expliqué Ernesto Blanco, le propriétaire du restaurant La Fontana- Paladar, où elle a dîné et a dansé dans la nuit de mercredi à jeudi peu de temps après son arrivée sur l'île.

rihanna-paladar.jpg«Elle a spécifiquement demandé à manger de la nourriture cubaine, a ajouté l'heureux propriétaire qui en a profité pour livrer le menu de la belle Antillaise.  La chanteuse de «Diamonds» a mangé des haricots noirs, des chorizos grillés, des côtelettes de porc et un plat local appelé «le steak de la grand-mère», a ainsi précisé le magazine en ligne «OnCuba» sur sa page Facebook.

Elle a ensuite goûté aux joies de «la musique cubaine classique» délivré par l'orchestre du restaurant. Ernesto Blanco a précisé que Rihanna, voyageait avec quatre personnes, en plus de ses gardes du corps. De nombreux fans ont rapidement accouru pour apercevoir la star.

En tant que citoyenne de La Barbade Rihanna n'est pas soumise aux restrictions américaines sur les voyages à Cuba. Mais la chanteuse faisait face jusqu'ici aux mêmes obstacles que les autres résidents américains pour voyager sur l'île communiste, Les compagnies aériennes commerciales ne pouvant  pas avoir de lignes directes depuis États-Unis, en raison de l'embargo en cours depuis 1962.

Le président américain Barack Obama a atténué les restrictions de voyage vers Cuba dans le cadre du rapprochement récent entre les deux pays.  Actuellement seuls des vols charter peuvent relier les deux anciens adversaires. 

Cette visite de Rihanna est la deuxième d'une star de l'industrie musicale US après celle de la diva Beyoncé et de son mari, le  rappeur Jay-Z qui ont effectué un séjour à Cuba en avril 2013 pour célébrer leur cinquième anniversaire de mariage.  Le département du Trésor américain avait approuvé le voyage du couple en qualité «d'échange culturel», et ce malgré les violentes critiques des Républicains qui les ont accusés de violer l'embargo. Autre temps, autres moeurs...

 
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15:53 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Culture, Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg