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26/11/2016

Cuba, c’est fini ?

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Cuba ou une île et son peuple qui ne seront jamais ordinaire !

par José Fort

« Tu ne crois pas qu’il faut, vite, faire un tour à Cuba, après il sera trop tard ? » Combien de fois ai-je entendu cette question au cours des dernières semaines ? Depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre Washington et La Havane, le voyage d’Obama dans la Grande Ile, le débarquement massif des touristes, la multiplication des vols aériens entre les capitales du monde entier et les principales villes cubaines, après l’ouverture de la zone spéciale, après, après, après… les courageux et honnêtes défenseurs de la révolution et ceux qui rêvent de la détruire s’interrogent de la même manière avec des objectifs différents : « Cuba, c’est fini ? »

Il n’est pas exagéré de poser la question. L’argent, le fric, le business, les combines, ne vont-ils pas pervertir les idéaux révolutionnaires ? Ne convient-il pas mieux de s’interroger autrement : le peuple cubain qui a enduré tant de privations découlant d’un blocus économique criminel décrété par la première puissance mondiale, qui a résisté aux provocations, au terrorisme inspiré par les officines yankees, CIA en tête, n’a-t-il pas le droit lui aussi de vivre mieux, plus confortablement, dans la sécurité, avec de meilleurs salaires, libre de décider son destin et ouvert sur le monde ? Il est inutile de chercher à tout prix à mourir beaux, cela n’empêche pas de passer à trépas souffrants et amers.

Je suis toujours étonné, à propos de Cuba, de lire et d’entendre tant d’imbéciles sphériques. Tu peux les tourner dans n’importe quel sens, ils se révèlent toujours aussi stupides ânonnant comme leurs ancêtres et cela depuis plus de 50 ans les mêmes clichés, les mêmes formules, les mêmes preuves d’inculture à la parisienne décadente. Aucune connaissance de l’Histoire cubaine dans sa lutte légendaire pour l’indépendance et donc incapable de comprendre l’éternelle aspiration à la souveraineté, véritable ciment de la société. Insuffisance, aveuglement, bref ignorance crasse, caractérisent ces messieurs dames donneurs de leçons repliés dans leurs certitudes et leur incompétence. Cuba n’est pas à vendre, le démontre et va continuer de le démontrer. Croyance mystique ou réalité ?

Dans un monde aussi complexe tant sur le plan économique que social et politique, Cuba ne peut rester un îlot isolé dans une planète en surchauffe. Comme toutes les sociétés, la société cubaine évolue, aspire à des changements et regarde ailleurs, espère tirer profit du meilleur. Et alors ?

Cuba poursuit son chemin dans un environnement défavorable. Avec un objectif : construire un socialisme moderne à la cubaine. Dirigeants et experts ont beaucoup voyagé ces derniers temps. Ils sont partis observer les expériences ici et là. Au retour, ils ont mis dans un pot commun, bien agité l’ensemble avec un ingrédient essentiel : la sauce cubaine, celle qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Dans le même mouvement, une nouvelle génération de cadres et de dirigeants se met progressivement en place, les vieux dirigeants de la révolution laissant la place et prenant une retraite méritée. Le récent congrès du parti communiste cubain vient de s’imprégner de ces changements avec comme ambition affichée la construction d’un socialisme adapté à une société moderne et cultivée. Bonne chance Cuba.

José Fort

cubafidel.jpgTémoignage d'une jeune française qui suit des études à la Havane

Appel de Maïssara "j étais en boîte de nuit à la Havane. ..quand le DJ a allumé les lumières, puis changé la chaîne de la télévision qui diffusait du sport pour passer sur l allocution de Raul Castro.

Le visage de Fidel apparaît et le DJ nous annonce qu il est "parti". Consternation, tristesse. ..puis tout le monde chante l hymne national Cubain."

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13:07 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Histoire, Point de vue | Tags : cuba, fidel castro, josé fort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

29/03/2016

LE FRERE D'OBAMA

fidel castro,cuba,lettre,obama

Nous n’avons pas besoin que l’empire nous fasse cadeau de quoi que ce soit. Nos efforts seront légaux et pacifiques, parce que tel est notre engagement envers la paix et la fraternité de tous les êtres humains qui vivons sur cette planète

Les rois d’Espagne nous ont amenés les conquistadors et les propriétaires, dont les traces sont restées empreintes dans les parcelles de terre circulaires assignées aux chercheurs d’or dans les sables des rivières, une forme abusive et honteuse d’exploitation dont on peut apercevoir encore les vestiges depuis les airs dans de nombreux endroits du pays.

Le tourisme, aujourd’hui, consiste en grande partie à montrer les délices des paysages et à savourer les mets exquis de nos mers, à condition de les partager avec le capital privé des grandes sociétés étrangères, dont les recettes ne méritent aucune attention si elles ne se chiffrent pas par milliards de dollars per capita.

Puisque je me suis vu obligé de mentionner le sujet, je me dois d’ajouter, notamment à l’attention des jeunes, que rares sont ceux qui se rendent compte de l’importance d’une telle condition en ce moment singulier de l’histoire humaine. Je n’irai pas jusqu’à dire que le temps a été perdu, mais je n’hésite pas à affirmer que nous ne sommes pas suffisamment informés, ni vous, ni nous, des connaissances, de la prise de conscience qu’il nous faudrait pour relever les défis de la réalité. La première chose à prendre en compte, c’est que nos vies sont une fraction de seconde au regard de l’Histoire, qu’il faut aussi partager les besoins vitaux de tout être humain. Une des particularités de celui-ci réside dans la tendance à la surévaluation de son rôle, ce qui contraste par ailleurs avec le nombre extraordinaire de personnes qui incarnent les rêves les plus élevés.

Personne, cependant n’est bon ni mauvais en soi. Aucun d’entre nous n’est préparé au rôle qu’il est appelé à assumer dans la société révolutionnaire. En partie, nous, les Cubains, avons eu le privilège de compter sur l’exemple de José Marti. Je me demande même s’il aurait dû mourir ou pas à Dos Rios, lorsqu’il dit « Pour moi, il est temps », et qu’il chargea les forces espagnoles retranchées derrière une solide ligne de feu. Il ne voulait pas retourner aux États-Unis et personne n’aurait pu l’en obliger. Quelqu’un arracha quelques feuilles de son journal. Qui a bien pu commettre cette faute perfide, si ce n’est sans aucun doute un intrigant sans scrupules ? On connaît les divergences qu’il y avait entre les Chefs, mais jamais d’indisciplines.

« Quiconque tentera de s’emparer de Cuba ne recueillera que la poussière de son sol baigné de sang, s’il ne périt pas dans la bataille ! », s’était écrié le glorieux leader noir Antonio Maceo. Maximo Gomez est également reconnu comme le chef militaire le plus discipliné et discret de notre histoire.

Vu sous un autre angle, comment ne pas être saisi d’admiration devant l’indignation de Bonifacio Byrne lorsque, depuis l’embarcation lointaine qui le ramenait à Cuba, ayant aperçu un autre drapeau à côté de la bannière de l’étoile solitaire, déclara : « Mon drapeau est celui qui n’a jamais été mercenaire… », avant d’ajouter aussitôt l’une des plus belles phrases qu’il m’ait été donné d’entendre : « Si un jour mon drapeau est déchiré en petits morceaux / nos morts levant les bras / sauront encore le défendre ! » Jamais je n’oublierai non plus les paroles enflammées de Camilo Cienfuegos ce soir-là, lorsqu’à plusieurs dizaine de mètres des bazookas et des mitrailleuses d’origine nord-américaine aux mains de contre-révolutionnaires, était braquées sur la terrasse où nous étions. Obama était né en août 1961, comme il l’a lui-même expliqué. Plus d’un demi-siècle devait s’écouler depuis ce moment-là.

Voyons cependant comment pense aujourd’hui notre illustre visiteur :

« Je suis venu pour enterrer les derniers vestiges de la guerre froide dans les Amériques. Je suis venu tendre la main de l’amitié au peuple cubain ».

Tout de suite après, un déluge de concepts, complètement nouveaux pour la plupart d’entre nous :

« Vous comme nous, nous vivons dans un nouveau monde colonisés par les Européens », devait ajouter le Président des États-Unis. « Cuba, à l’instar des États-Unis, a été construite en partie par les esclaves amenés ici en provenance d'Afrique. Comme les États-Unis, le peuple cubain a un héritage d’esclaves et d’esclavagistes ».

Les populations autochtones n’existent en rien dans l’esprit d’Obama. Il ne dit pas non plus que la discrimination raciale fut balayée par la Révolution ; que les retraites et les salaires de tous les Cubains furent décrétés par cette même Révolution avant que M. Obama lui-même n’est fêté ses 10 ans. L’odieuse habitude bourgeoise et raciste d’engager des sbires pour que les citoyens noirs soient expulsés des centres de loisirs fut balayée par la Révolution cubaine. Celle-ci entrera dans l’Histoire pour la bataille qu’elle a livrée en Angola contre l’apartheid, en mettant fin à la présence d’armes nucléaires dans un continent de plus d’un milliard d’habitants. Tel n’était pas le but de notre solidarité, mais d’aider les peuples d’Angola, du Mozambique, de Guinée Bissau et autres de la domination coloniale fasciste du Portugal.

En 1961, à peine un an et trois mois après le triomphe de la Révolution, une force mercenaire équipée de canons et d’infanterie blindée et d’avions, entraînée et escortée par des bâtiments de guerre et des porte-avions des États-Unis, lança une attaque surprise contre notre pays. Rien ne pourra justifier cette attaque en traître qui coûta à notre pays des centaines de pertes, entre morts et blessés. Sur cette brigade d’assaut pro-yankee, il n’est établi nulle part qu’un seul mercenaire aurait pu être évacué. Des avions de combats yankees furent présentés aux Nations Unies comme appartenant à des forces cubaines mutinées.

Nous connaissons largement l’expérience militaire et la puissance de ce pays. En Afrique, ils ont également cru que la Cuba révolutionnaire serait facilement mise hors de combat. L’attaque lancée par le sud de l’Angola par les brigades motorisées de l’Afrique du Sud raciste les amena aux abords de Luanda, la capitale de ce pays. Ici s’engagea une bataille qui allait durer pas moins de 15 ans. Je ne parlerais même pas de ces choses-là, s’il n’avait pas été de mon devoir élémentaire de répondre au discours d’Obama au Grand théâtre de La Havane Alicia Alonso.

Je ne tenterai pas non plus de donner des détails. Je tiens juste à souligner que sur ces terres fut écrite une page glorieuse de la lutte pour la libération de l’être humain. D’une certaine manière, j’aurais souhaité que la conduite d’Obama fût correcte. Ses origines humbles et son intelligence naturelle étaient évidentes. Mandela était prisonnier à vie et il était devenu un géant de la lutte pour la dignité humaine. Un jour, j’ai pu avoir entre mes mains une copie du livre qui raconte une partie de la vie de Mandela, et quelle ne fut pas ma surprise en découvrant qu’elle était préfacée par Barack Obama. Je l’ai feuilleté rapidement. C’était incroyable de voir l’écriture minuscule de Mandela, ses notes précisant des données. Cela vaut la peine d’avoir connu des hommes tels que lui.

Concernant l’épisode d’Afrique du Sud, j’aimerais rappeler une autre expérience. Je souhaitais vraiment connaître plus en détails la manière dont les Sud-africains s’étaient procuré les armes nucléaires. Je ne disposais que de l’information précise selon laquelle ils n’avaient pas plus de 10 ou 12 bombes. Une source de confiance serait le professeur et chercheur Piero Gleijeses, qui avait rédigé le texte de « Missions en conflit : La Havane, Washington et l’Afrique 1959-1976 », un excellent travail. Je savais qu’il constituait la source la plus sûre sur ces événements, et je le lui ai fait savoir. Il m’a répondu qu’il n’avait plus reparlé de la question, car dans le texte il avait répondu à la question du camarade Jorge Risquet, qui avait été ambassadeur ou coopérant cubain en Angola, et dont il était un ami très proche. J’ai réussi à joindre Risquet, qui s’acquittait d’autres tâches importantes et était attelé à terminer un cours qui devait encore lui prendre quelques semaines. Cette tâche coïncida avec un voyage assez récent de Piero à notre pays. Je lui avais fait savoir que Risquet avait un certain âge et que son état de santé n’était pas optimal. Quelques jours après, il s’est passé ce que je redoutais. L’état de Risquet a empiré et il est décédé. À l’arrivée de Piero, il n’y avait plus rien à faire, à part des promesses, mais j’avais quand même pu obtenir des informations sur ce qui avait trait à ce genre d’armes et sur l’aide que l’Afrique du Sud raciste avait obtenue de Reagan et d’Israël.

J’ignore ce qu’Obama aura à dire sur cette histoire. J’ignore ce qu’il savait ou pas, même s’il est difficile de croire qu’il ne savait absolument rien. Ma modeste suggestion est qu’il réfléchisse et qu’il n’essaie pas d’élaborer des théories sur la politique cubaine.

Il y a une question importante :

Obama a prononcé un discours où il utilise des mots mielleux pour signaler : « Il est temps d’oublier le passé, laissons le passé en arrière, regardons vers l’avenir, regardons-le ensemble, un avenir d’espoir. Et ceci ne sera pas facile, il y aura des défis, et nous allons leur laisser le temps. Mais mon séjour ici me remplit d’espoir sur ce que nous pouvons faire ensemble comme des amis, comme des familles, comme des voisins, ensemble ».

Il est à supposer que chacun d’entre nous a frôlé l’infarctus en écoutant ces paroles du Président des États-Unis. Après un blocus impitoyable qui dure depuis près de 60 ans… et ceux qui sont morts victimes des attaques mercenaires contre des bateaux et des ports cubains… un avion de ligne plein de passagers fait exploser en plein vol, des invasions mercenaires, toutes sortes d’actes de violence et de force ?

Que personne ne se fasse d’illusions sur le fait que le peuple de ce pays noble et désintéressé renoncera à la gloire et aux droits, à la richesse spirituelle qu’il a acquise par le développement de l’éducation, la science et la culture.

J’avertis en outre que nous sommes capables de produire des aliments et les richesses matérielles dont nous avons besoin grâce aux efforts et à l’intelligence de notre peuple. Nous n’avons pas besoin que l’empire nous fasse cadeau de quoi que ce soit. Nos efforts seront légaux et pacifiques, parce que tel est notre engagement envers la paix et la fraternité de tous les êtres humains qui vivons sur cette planète.

Fidel Castro Ruz
Le 27 mars 2016

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26/03/2016

Cuba et l’ignorance de certains journalistes

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Il faut grandement féliciter le président des États-Unis d’avoir effectué cette visite historique à Cuba afin d’essayer d’harmoniser les relations diplomatiques entre les deux pays. Mais la levée de l’embargo économique, qui coûte chaque année des milliards de dollars à Cuba, n’est pas pour demain. Ce n’est pas seulement les républicains américains qui s’opposent à la fin de cet odieux et criminel embargo, mais aussi l’État de Floride qui perdrait alors des milliers de touristes au profit de Cuba.

Il y a aussi l’industrie pharmaceutique qui ne veut pas voir déferler aux States les médicaments développés par la dynamique industrie étatique pharmaceutique cubaine, ainsi que la lucrative business des hôpitaux et des médecins privés américains cotés à la Bourse qui verrait des millions de malades aller se faire soigner sur l’île socialiste. C’est également sans compter les producteurs de fruits et de légumes, etc.

Ce n’est qu’en 2015 que les États-Unis ont retiré Cuba de leur liste noire des États «soutenant le terrorisme». Vraiment ridicule. Parlant de terrorisme, que font les States sur l’île même, à Guantanamo pour être plus précis? Des centaines de personnes emprisonnées sans procès et torturées en plus de ça. Que les Américains, par respect pour le peuple cubain, posent leurs gestes ignobles ailleurs que sur l’île cubaine. Guantanamo, qui fait partie intégrante de Cuba et qui lui a été subtilisée, pour ne pas dire volée, il y a environ 100 ans, doit être restituée à Cuba. C’est la moindre des choses.

À propos des reportages sur Cuba dans notre presse écrite

Mes amis, vous le savez bien, ma patience est presque infinie, et je fais toujours preuve d’une retenue et d’une réserve exemplaires. Mais là, en lisant les comptes-rendus de nos journalistes de la presse écrite sur le récent voyage de Barack Obama à Cuba, j’ai sauté une coche et des fils se sont touchés. Ça ne se peut pas. Pour la millième fois, nos journalistes en ont profité pour déblatérer de nouveau sur Cuba. Ben oui, tout le monde sait qu’à Cuba les gens sont épiés et surveillés (pourtant autant qu’aux États-Unis) et qu’en plus, ils sont ostracisés, emprisonnés et même torturés. Un système plus que totalitaire que nous répètent à satiété nos journalistes. À Cuba, il n’y a pas de criminels, seulement des prisonniers politiques. En plus de subir la répression, les Cubains sont tous pauvres et sous-alimentés qu’ils nous disent. L’enfer ce n’est pas l’autre, c’est Cuba.

Je m’excuse, mais tenir de tels propos sur Cuba relève de l’ignorance et d’un niveau d’endoctrinement maladif chez certains de nos «professionnels» de l’information qui sont pourtant censés produire une information neutre et objective. Oh, pas du tout, je n’insulte pas les journalistes en disant ça, je ne fais que constater empiriquement ce qui a été écrit sur Cuba dans nos médias. Je me dois de parler franchement à certains de mes amis journalistes.

Des réalisations extraordinaires passées sous silence

Cuba a un des meilleurs systèmes de garderies, de santé, d’éducation, d’aide internationale, etc. au monde, et ça, pour nos journalistes émérites, ne compte pas. À Cuba, toutes les personnes, peu importe leur statut, ont un médecin de famille et plus; se font soigner et opérer rapidement; n’attendent pas vingt heures à l’urgence; jouissent de la gratuité des médicaments; ont le privilège d’aller de la garderie à l’université gratuitement; ont un meilleur système de transport en commun qu’ici, etc. Toute une dictature! Être soignés et éduqués comme le sont les Cubains, ça ne fait pas partie de la sacro-sainte notion de liberté individuelle qu’ont mes amis journalistes.

Je le demande: elle est où la «liberté» quand vous n’avez pas de médecin de famille et quand vous attendez vingt heures à l’urgence? Ou encore plus d’un an avant de vous faire opérer? Elle est où votre liberté quand vos enfants fréquentent des écoles avec plein de moisissures et quand les jeunes vont à l’école sans rien avoir mangé et qu’ils n’ont pas droit à des services spécialisés comme à Cuba? Ben oui, ici la notion de démocratie et de liberté est assimilée principalement au fait de pouvoir aller voter aux quatre ans pour l’un des trois partis politiques qui ont, disons-le, à peu près tous le même programme (CAQ, PQ et PLQ).

Quelques faits sur Cuba

Pauvres et privés de liberté les Cubains, vous dites? Pouvez-vous alors m’expliquer pourquoi Cuba est l’un des pays les plus riches en centenaires au monde par habitant? «Le club des 120 ans. Le secret des centenaires cubains» (Le Journal de Montréal, 21 mai 2010). Ils ont la couenne dure ces Cubains pour vivre aussi vieux en étant opprimés et affamés toute leur vie. Commencez-vous à vous poser des questions, mes amis?

Saviez-vous que l’indice de développement humain de l’ONU place Cuba parmi les plus avancés (44e rang sur 187 pays) pour ce qui est de l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’éducation et le niveau de vie? Eh oui, le niveau de vie, mes amis. Saviez-vous aussi que les taux de mortalité infantile et prénatale sont plus bas à Cuba qu’aux States? Et puis, saviez-vous qu’à Cuba on compte seulement 3 % d’analphabètes contre environ 12 % au Québec? Saviez-vous que l’espérance de vie à la naissance atteint le même niveau que les pays développés (78 ans)? Toujours selon l’ONU, l’indicateur de développement humain est de 8 ½ sur 10 à Cuba. Je suppose que tous ces faits ne font pas des Cubains des gens effectivement plus libres que dans la majorité des pays du monde et même plus qu’au Québec? Eh oui, plus qu’au Canada.

Aide internationale fournie par Cuba

Paroles du secrétaire d’État américain John Kerry concernant l’épidémie de fièvre Ebola: «Je voudrais remercier Cuba pour son aide dans la lutte internationale contre la fièvre hémorragique. Cuba, un pays d’à peine 11 millions d’habitants, a dépêché 165 professionnels de la santé en Afrique de l’Ouest et prévoit en envoyer près de 300 de plus» (La Presse, 27 octobre 2014, texte de Richard Hétu). Mes amis, le Québec supposément démocratique a envoyé combien de docteurs en Afrique?

Ah ben, en voilà une autre bonne rapportée dans Le Journal de Montréal du 12 juillet 2013: «L’Organisation mondiale de la santé a officiellement déclaré hier Cuba comme le premier pays au monde à avoir éliminé la transmission du virus du sida (VIH) et de la syphilis de la mère à l’enfant». Toujours rien à voir avec les notions de liberté et de démocratie?

J’en aurais plein d’autres qui pourraient vous aider à vous ouvrir les yeux et les oreilles, mais en voici une drôle: «Des Américains étudieront la médecine à Cuba» (La Presse, 29 octobre 2015). C’est l’université du Michigan qui va envoyer ses apprentis médecins étudier dans les hôpitaux cubains. Tiens, une autre dernière: «Se faire soigner à Cuba. Des Québécois s’y rendent même pour traiter leur cancer» (Le Journal de Montréal, 23 mars 2009). Et pas seulement des Québécois, loin de là!

Visites du pape à Cuba

En 2012, visite du pape Benoît XVI à Cuba, 14 ans après celle de Jean-Paul II. En 2015, visite du pape François à Cuba et en 2016, toujours sur l’île «communiste», le pape François rencontre le chef de l’Église orthodoxe russe Kirill. Mais que font ces religieux dans un pays qui, selon nos amis journalistes, brime les libertés individuelles, emprisonne les opposants, même les soi-disant résistants «modérés» et opprime sa population? Ben oui, l’Égypte, l’Arabie Saoudite, l’Ukraine «libérée», le Honduras ou encore l’Érythrée apparaissent comme des formidables démocraties lorsqu’on les compare à Cuba. Vraiment tout le monde sait ça. Ah ben! c’est à La Havane en 2015, et c’est Cuba qui a agi comme médiateur dans les conflits meurtriers opposant le gouvernement de Colombie et la guérilla des FARC. Franchement, un pays de la droite comme la Colombie, qui choisit Cuba, ce pays maudit, comme conciliateur... Mes amis journalistes, j’espère que vous commencez à comprendre!

Leçon d’histoire

Mes amis, depuis la révolution cubaine, initiée par Fidel Castro il y plus de cinquante ans, les Américains et d’autres ont financé généreusement plusieurs organisations cubaines et étrangères, souvent des ONG avec des noms très angéliques, afin de renverser le gouvernement socialiste cubain, comme ils l’ont fait récemment avec succès en Ukraine, au Honduras, en Égypte, etc. Aie! Cuba est à 90 kilomètres des States. Si les Américains n’ont pas réussi leur putsch, c’est grâce au peuple cubain, éduqué et conscientisé, qui tient à son merveilleux système. Un point c’est tout. Ah oui, les States ont manigancé plusieurs fois afin de liquider Fidel Castro. Pour les journalistes, il faudrait laisser passer toutes les ONG et tous les dissidents «modérés» financés par l’étranger afin de renverser le gouvernement cubain et d’agir à leur guise sur l’île. Renverser le gouvernement actuel à Cuba au profit de qui au juste? Des gens qui, comme ici, instaureraient le principe de l’utilisateur-payeur dans les services publics cubains mille plus développés et accessibles qu’au Québec?

On peut regarder ce qui est déjà arrivé en Amérique du Sud en lisant bien ces titres d’articles de journaux:

«Henry Kissinger a appuyé la dictature militaire en Argentine. Selon des documents déclassifiés, l’ex-secrétaire des États-Unis a approuvé la répression sanglante de la junte au pouvoir entre 1976 et 1983» (La Presse, 23 août 2002).

«Guatemala: la CIA derrière un coup d’État en 1954» (La Presse, 16 mai 2003). Et qui fut derrière le récent putsch au Honduras? Et qui était derrière l’enlèvement du défunt président du Venezuela Hugo Chavez?

«La CIA admet ses liens avec le chef de la police secrète chilienne sous Pinochet» (Le Journal de Montréal, 20 septembre 2000). Et qui a financé les contras au Nicaragua afin de renverser le président élu Daniel Ortega?

Ben non, ces choses-là ne pourront jamais se produire à Cuba. De toute façon, même quand il y a un putsch militaire qui renverse un gouvernement élu démocratiquement comme en Égypte, en Ukraine et au Honduras, si le nouveau gouvernement mis en place par les militaires est du côté des Occidentaux et est favorable au libre marché, c’est alors une bonne dictature. Il y a, comme ça, dans le monde, les bonnes et les mauvaises dictatures.

Et la démocratie au Québec dans tout cela

Quand un premier ministre déclare ce qui suit, comme l’a fait Philippe Couillard, faut nécessairement se poser des questions sur la vraie valeur de notre démocratie: «Non, la majorité n’a pas toujours raison. Le courage politique consiste à affirmer et à maintenir des positions différentes [allô démocratie] si elles s’appuient sur des principes profonds» (La Presse, 12 décembre 2013). Couillard qui parle de principes profonds, faut le faire. Et où est la démocratie quand le PLQ impose ses mesures d’austérité à l’encontre de la volonté de la majorité et quand le premier ministre a le culot de déclarer: «Les coupes ont touché les plus vulnérables admet Couillard» (Le Devoir, 23 septembre 2015). Pas les plus riches, mais les plus vulnérables. Au contraire, des coupes qui ont profité aux gras dur en «libérant» des fonds publics.

Et puis, quand dans une province comme le Québec on érige la corruption en système, on devrait se garder une petite gêne quand vient le temps de faire la leçon aux autres pays en termes de démocratie et de liberté individuelle, notamment les journalistes. Pourquoi ne pas venir avec moi en décembre prochain à Cuba dans ce petit village (Guanabo) de 5000 habitants situé à environ 40 kilomètres de La Havane. Je vous ferai alors visiter une garderie, une école secondaire, une clinique médicale et, prenant le transport en commun qui mène directement à La Havane, on ira visiter un hôpital, une école de médecine et une université. Ah oui, à Guanabo, on assistera ensemble à une assemblée d’un arrondissement et d’une commission scolaire. Vous allez voir que les Cubains n’ont pas la langue dans leur poche. On parlera aussi aux gens dans la rue et on observera leur façon de faire. Ça coûtera ce que ça coûtera aux organes de presse, mais ça va valoir la peine. En passant, couvre-feu à 10 heures le soir, et pas question de partir sur la «go». On aura une grosse semaine de travail devant nous; faut admettre qu’on part de loin.

Léo-Paul Lauzon, le journal de Montréal

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31/03/2015

Pourquoi Abdelaziz Bouteflika n’est pas Fidel Castro ?

bouteflika1.jpgcastro1.jpgPar Le Matin
 
Deux malades au sommet d’un pays en héritage pour un frère chéri qu’ils ont oublié d’enfanter.

Le premier est sorti du chapeau d’un Merlin qui n’a rien d’enchanteur, Boumediene. Fidèle disciple, il a fait à son tour jaillir derrière son dos un frangin masqué avant de s’asseoir sur le trône cadeau des généraux aux fausses médailles dorées, mais lingots 24 carats certifiés.

Avec la méthode bien rodée de l’instabilité au secours du changement et l’inverse, il est venu après une guerre dite civile et deux présidents in vitro grâce aux mêmes donneurs. L’un, soi-disant, a démissionné et l’autre, soi-disant, assassiné par un déséquilibré.

Quant à Fidel, malgré le record au monde des tentatives d’assassinat, 648 depuis 1959 en majorité commis par la CIA (Wikipédia), il n’a pas chômé et a pris tous les chemins de la croix malgré son athéisme. C’est lui, talonné par son frère Raûl, le Mouvement du 26 juillet reconnu comme le point de départ de la révolution cubaine. Emprisonnés à deux pendant des années puis exilés avant la rencontre avec le "Che" Guevara pour sauver Cuba des griffes de la dictature corrompue de Batista.

Souvenons-nous, Abdelaziz aussi est venu en cadeau du ciel, en sauveur pour décapiter l’hydre islamiste et apportant la Concorde pour tous. Mais comment confondre fakhamatouhou avec El Comandante ? Le premier est le meilleur courtisan de la Première puissance au monde, l’autre en est l’entêtante épine d’Eisenhower à Bush Junior. "…en janvier 1961 la CIA s’était donnée comme objectif le renversement de Fidel Castro…qui ne menaçait aucunement la sécurité des États-Unis, mais avait nui fortement à ses intérêts économiques en augmentant le prix du sucre et du tabac..." (1)

Déjà la grande Amérique s’identifiait à ses sucreries et ses cigarettes comme elle s’identifie aujourd’hui à Wall Street. En avril 2004, 77 entreprises ont été condamnées à une amende de 200 millions de dollars pour non-respect de l’embargo, le plus long de l’Histoire, imposé par les USA contre Cuba… Heureusement que Fidel, pire cauchemar de la Banque, est "aseptisé" et "stérile". Quand dans les années 1990 la rumeur l’avait accrédité d’un compte helvétique de 1,5 milliard, le leader Maximo a répliqué : "Si quelqu’un trouve 1 seul dollar dans un compte étranger, je démissionne immédiatement !"

La CIA s’était empressée de relever le défi, en vain. Que dire d’Abdelaziz, l’anti-Fidel, il suffit de remonter au temps où il était le célèbre ministre des Affaires étrangères de l’Algérie indépendante. Houari Boumediene n’a pas hésité à faire un coup d’État avec le risque d’un bain de sang national parce que le fauteuil de son "chouchou" était menacé. Sans parler du pardon de Chadli pour les frasques sonnantes et trébuchantes, de l’exil doré entre Genève, Paris ,Doha et le retour à point pour la fabuleuse envolée de l’or noir et d’une Concorde autocollante.

Quant à Fidel, il est resté fidèle au poste subissant le cordon sanitaire occidental depuis plus d’un demi-siècle avant que la maladie ne le frappe au même moment qu’Abdelaziz. L’un soigné par des Français en France, l’autre par des Cubains à Cuba.

Il faut préciser la "délocalisation" à l’ère de la mondialisation, telle l’origine ethnique quand on parle de la nationalité française. Il ne manquerait plus de prendre Moh ou Mohamed pour un Gaulois et le pousser vers le vide de l’église pour lui épargner la bousculade de la mosquée. Une étude sur les civilisations menée par des mathématiciens et financée par la NASA vient de révéler qu’il reste à peine 15 ans de vie à notre civilisation.

Ces experts se sont basés sur la similitude des facteurs qui ont mené à l’effondrement des anciens empires et ceux qui sévissent dans l’Empire d’aujourd’hui. C'est-à-dire le nombre d’êtres humains en déphasage avec la quantité de nourriture, l’écart abyssal entre les pauvres et les riches et les "crises de nerfs"climatiques. On le sait, le déséquilibre c’est la fin de la normalité. C’est le dépassement de la ligne rouge, pas celle d’Obama, mais de dame Nature. L’anomalie qui nous concerne est celle d’une Algérie, riche prospère zen qui n’a que des amis puissants n’ayant jamais connu d’embargo surtout pas en ce qui concerne la santé, se retrouve incapable de soigner son "messie".

cubaecoles.jpgCuba, la pestiférée, sans pétrole n’a pas seulement réussi sa santé, mais aussi son école, son agriculture, son tourisme, etc. Tout ce que l’Algérie a lamentablement échoué malgré les immenses potentialités qui font l’unanimité. Saïd, le frangin bien nommé, apparaît dans les coulisses en dauphin officiel mal connu, une sorte d’énigme sans énigme.

D’après Wikipédia on lui attribue un doctorat de l’Université Pierre-et-Marie-Curie à Paris, spécialité l’intelligence artificielle. Mystérieuse ombre désintégrée dans la "transparente maison en verre" de l’illustre frère. Fatalement, la populace qui adore les lumières s’en méfie, qui rêve d’horizons visibles ne branche pas. Contrairement à Raul qui progresse en douceur depuis le début sous les projecteurs telle la tortue expérimentée et lucide qu’aucun lièvre ne saura ridiculiser.

Loi impitoyable des espèces : un cafard ne peut engendrer qu’un cafard. Manipuler les gènes, on obtiendrait un monstre à défaut d’une colombe. Le leader Maximo se meurt encensé par tout un peuple tandis que fakhamatouhou n’est plus qu’un invisible corps en perfusion dont le clan au lieu de l’enterrer aboie son ingratitude en diversion. "Qui dit quoi, par quel canal, à qui et avec quel effet ?", dit la théorie de Lasswel remise en question dès 1950 par les Américains qui lui reprochent l’oubli des leaders d’opinion chargés de transmettre le message.

Traduction : le messager est plus important que le contenu de son message. Sans la confiance, on n’atteint jamais la masse. Ah si l’Algérie pouvait passer en douceur d’Abdelaziz à Saïd comme l’ile des grandes Antilles de Fidel à Raul. Mais l’Algérie n’est pas Cuba, dira Djouha. La première n’est île qu’en langue arabe et le chercheur en langue arabe Salah Belaîd affirme : "…on peut reconnaitre un Tunisien ou un Egyptien à sa langue, mais pas un Algérien." (2)

Sans être un sourd-muet de naissance, l’Algérien, censé parler "sa" langue l’arabe, est le seul élément non identifiable dans le monde arabe. Il est loin le temps du tout à médire sur l’"ile maudite" de Cuba, l’enthousiasme est tel qu’on ne cesse de faire des documentaires sur la vie de ces étonnants Cubains tenus hors du monde depuis plusieurs décennies.

Une seconde découverte de Christophe Colomb ou une nouvelle planète qu’on croyait hostile et qui s’avère miraculeuse. Quant à l’Algérie, rien à dire, ni à médire sur "l’ile baraka" sans baraka. "Donnez-le-moi intelligent même s’il ne sait pas lire", dit le vieux proverbe.

La devise actuelle a fait mieux : sans aucune intelligence, il saura lire la pub que Castro a interdite. Castro qui a réussi à placer son pays au 3e rang avant les USA avec un taux d’alphabétisation de 99, 8 % (PNUD).

Cuba possède le taux de médecins par habitant le plus élevé au monde poussant les Occidentaux à venir s’y soigner avec des frais jusqu’à 60-80 % moins chers qu’en USA. En 1998, l’OMS a donné au Comandante la médaille d’or de la Santé pour tous.

En 2011 l’ONG "Save the Children" (organisation internationale américaine qui lutte pour les droits de l’enfant) a publié une étude sur la qualité des soins pour les enfants dans 161 pays. Cuba fut classé 8e avant l’Allemagne la France, l’Angleterre et les USA. L’industrie pharmaceutique cubaine est l’une des 6 au monde qui produit une protéine interferon (INF).

Elle produit aussi le facteur de croissance épidermique, les médicaments anticancéreux, le vaccin contre l’hépatite B et la liste est longue y compris celui contre le virus du sida qui est en bonne voie de réalisation. Selon la directrice de l’OMS, Margaret Chan juillet 2014 : "Cuba est le seul pays qui dispose d’un système de santé étroitement lié à la recherche et au développement. C’est la voie à suivre…"

En parlant de vaccins, on ne peut s’empêcher de penser au scandale du NIPA ou les «âmes mortes du NIPA» (Nouvel Institut Pasteur d’Algérie) (3) Le NIPA devait être le plus grand complexe de production de vaccins d’Afrique voire du monde. Il fut lancé en 1975 et avec la méthode à l’algérienne qui a fait ses preuves de réévaluations en réévaluations, les travaux ont fini par s’arrêter en 1983 après avoir englouti des sommes astronomiques au grand bonheur de la mafia de la santé et des rapaces du ciment. Boudiaf avait l’intention de rouvrir le dossier, mais il fut liquidé à temps.

Comme des «idiots», les Castro n’ont jamais pensé à cette facile rapide rentable ruse. Pour sauver son peuple de la famine due à l’effroyable embargo et la fréquence de cyclones meurtriers, le leader Maximo est passé d’une "agriculture intensive et productiviste dirigée vers l’exportation à une agriculture extensive et biologique de proximité." Pour réussir cet exploit, il a dû jouer au dictateur sans partage.

Des exploits, Bouteflika en a fait, d’étonnants même quand, à peine couronné Dey de la Régence d’Alger, il se précipita en juin 2000 à Paris pour déclarer aux députés français que l’Algérie veut entreprendre avec la France : « des relations « extraordinaires, non banales, pas normales, exemplaires, exceptionnelles."

Si au moins il avait utilisé la langue arabe où le lyrisme passe mieux, naturellement. 15 ans plus tard, ce qui parait le plus extraordinaire c’est de comparer le classement de Cuba à l’Algérie.

La jeunesse cubaine ne rêve plus de quitter leur ile et leur espoir va vers le fringant Raul qui totalise plus de 4 fois 20 ans. Corneille dans le Cid disait que la valeur n’attend pas le nombre des années, mais elle ne semble pas être écrasée par lui quand le corps n’abrite aucune pourriture. D’après le Figaro 25/03/ 2015, le prix du pétrole dans les prochains mois pourrait descendre jusqu’à 20 dollars conséquence de l’ampleur du stockage aux USA et de la production qui ne ralentit pas.

À ce prix-là combien d’Algériens seront sauvés par l’Algérie des Bouteflika comme Cuba des Castro a sauvé les Cubains après l’effondrement de l’URSS ? De 100 à 20 dollars c’est la division par 5 pour les 40 millions de déshérités qui viendront demander des comptes et trouveront la même réponse qu’en 1988. C’est parce que le prix du blé a été multiplié par 3 que Ben Ali est tombé suivi de Moubarak, premier importateur, dit-on. Qui peut ne pas lier l’estomac à la révolte ?

On nous dira ce n’est rien, rien ne va changer, on saura dépasser le problème. Dépasser le problème et rebelote l’instabilité avec la kalachnikov et le sabre en attendant le salam qui a gommé pour toujours le bonjour. Le changement cosmétique à la tête avec un prix subventionné par le ciel : le remplissage des cimetières par les réveillés trop tard. Des vies inutiles, des bouches de moins à nourrir… Dans "Essais" Philippe Muray le politiquement incorrect écrit : "…il n’y a plus rien à "dépasser" dans la mesure où les pouvoirs y sont, depuis longtemps déjà, aux mains de la mafia des Dépasseurs."

En conclusion Fidel va mourir en paix entouré d’un peuple reconnaissant qui attire les touristes des 4 coins du globe. El Comandante a compris que le meilleur rempart d’un chef c’est la confiance de ses subordonnés. Quant à fakhamatouhou, même les hyènes qu’il a gavées de cadavres grignotent ses os de son vivant. Contre tous, le castrisme a construit Cuba. Avec tous, le Bouteflikisme a fini par démolir l’Algérie.

Mimi Massiva

Renvois

(1) JFK 50 ans de manipulations (Laurent Guénot)

(2) (Recherche en langue arabe (el Watan 25/03/2015)

(3) Corruption et démocratie en Algérie (le médecin-journaliste Djillali Hadjadj)