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29/04/2017

Cuba débute la construction d'une centrale bio-électrique en partenariat avec la Chine

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Cuba a débuté la construction de sa plus grande centrale bio-électrique à capitaux étrangers, qui produira de l'énergie propre.

Située dans la ville de Ciro Redondo, dans la province de Ciego de Avila (centre), à environ 430 kilomètres à l'est de La Havane, la centrale utilisera des technologies chinoises et sera gérée par la joint-venture Biopower S.A., une société à capitaux britanniques et cubains.

Selon Francisco Lleo, responsable d'AZCUBA, société publique sucrière cubaine, quelque 186 millions de dollars seront investis dans cette centrale, qui devrait entrer en service en décembre 2019.

"Ce sera la première centrale de Cuba qui produira de l'énergie à partir de résidus de canne à sucre de l'usine de Ciro Redondo. Elle apportera 60 mégawatts-heure au réseau électrique du pays", a-t-il indiqué.

Une fois la récolte de la canne à sucre terminée, la centrale utilisera du bois de mimosa clochette, un arbre qui prolifère dans les champs environnants.

"La centrale produira toute l'électricité dont l'usine a besoin pour faire du sucre et le reste viendra alimenter le réseau électrique national" dans le cadre des efforts de Cuba visant à élever à 26% la part des énergies propres et renouvelables dans la production d'électricité d'ici à 2030, a indiqué M. Lleo.

L'ambassadeur de Chine à Cuba, Chen Xi, qui a participé à la cérémonie de pose de la première pierre aux côtés de l'ambassadeur du Royaume-Uni, Anthony Stokes, s'est réjoui de l'aide apportée par les entreprises chinoises au développement économique de Cuba, qui contribue à affermir les relations entre Beijing et La Havane.

Il a souligné que ce projet créerait de nouveaux emplois pour les habitants locaux et protégerait l'environnement en produisant une énergie propre.

M. Stokes s'est également félicité du lancement de ce projet, le premier entrepris par la Chine, Cuba et le Royaume-Uni dans la production d'énergie renouvelable dans la région.

Source Chine Nouvelle

19:48 Publié dans AL-Pays : Cuba, Entretien | Tags : cuba, centrale électrique, centrale bio-électrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

15/12/2014

«Retour à Ithaque» ? Non à Cuba

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Sur une terrasse à la Havane, cinq amis sont réunis pour fêter le retour d'un des leurs, après 16 ans d'exil… Laurent Cantet nous parle de son film «Retour à Ithaque»

«Retour à Ithaque» de Laurent Cantet («Entre les murs») raconte le retour d'exil d'un Cubain qui retrouve ses anciens amis, tous intellectuels ou artistes, réunis pour fêter son retour… Un film tiré d'un roman de Leonardo Padura : «Le palmier et l'étoile» coauteur du scénario.

Au fil des images, entre évocation de souvenirs communs, les règlements de comptes ceux qui sont restés au pays pendant «la période spéciale» et qui font de multiples allusions à ce qu'était leur vie d'alors.

En 1991, l'Union Soviétique s'est effondrée. Cuba, subitement privée de l'aide du pays ami, a alors plongé dans une grave crise économique. Les gens manquaient de tout : de travail, de nourriture, de vêtements, d'énergie. Mais le régime est resté le même, interdisant tout signe d'influence extérieure, notamment nord américaine, surveillant de près «les grandes gueules»…

C'était «la période spéciale» pendant laquelle il était interdit de porter les cheveux longs, d'écouter les Beatles etc. (même si tous ces interdits étaient discrètement contournés). En revanche, il fallait effectuer deux mois de travail volontaire par an. La monnaie locale ne donnait pas accès à l'essentiel. Ceux qui ne possédaient pas de dollars mangeaient des haricots et des steaks faits avec de la peau de pamplemousse… Ceux qui avaient émigré ne pouvaient se réinstaller. Voilà ce que le spectateur saisit au passage. Cependant, Laurent Cantet se défend d'avoir voulu faire un documentaire politique sur Cuba. Échange.

Pourquoi avoir intitulé votre film «Retour à Ithaque» alors qu'il se situe à Cuba ?

C'est l'histoire d'un lieu qui, historiquement, a eu une valeur mythologique pour beaucoup de militants communistes. C'est aussi la similitude entre le retour d'Amadeo après une longue absence et le retour d'Ulysse chez lui et c'est surtout pour faire comprendre d'entrée qu'il ne s'agit pas d'un documentaire sur l'histoire de Cuba.

Quel est votre propos, alors ?

J'ai voulu donner la parole aux Cubains et leur permettre de se raconter. J'ai relaté cinq histoires cubaines : les retrouvailles de cinq copains quinquagénaires qui évoquent leur jeunesse, leur engagement, leurs rêves, leurs rancœurs, leurs désillusions. C'est une histoire de groupe comme toujours dans mes films. Ce qui me plaît dans cette histoire c'est la nostalgie, la désillusion des personnages. L'histoire aurait pu se situer n'importe où à l'identique.. .

Avez-vous été l'objet de pressions pendant le tournage ?

Le scénario a été présenté à l'ICAI (Institut cubain d'art et d'industrie cinématographique) qui contrôle tout ce qui touche au cinéma à Cuba. Il a été accepté par les autorités qui nous ont laissés travailler, même si le film comporte des passages très critiques sur ce qui s'est passé et se passe encore à Cuba. Je pense que le pays est en train de changer. Les Cubains ont besoin de faire le point sur cette période.

Article publié dans la Dépêche

10:18 Publié dans AL-Pays : Cuba, Cinéma, Entretien, Vidéo | Tags : cuba, cantet, retour à ithaque | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

30/10/2014

Hector Igarza : « Cuba a toujours été un pays solidaire »

cubaem2.jpgBlocus, développement économique, relations avec les Etats-Unis, perspectives, solidarité internationale l’Ambassadeur de Cuba en France Hector Igarza parcourt pour la Marseillaise les grands enjeux actuels de l’île.

A la fin du mois d’octobre, l’assemblée générale des Nations-Unies votera une résolution cubaine demandant la levée du blocus américain qui frappe l’île depuis 1962. Qu’en attendez-vous ?

Ce sera la 23e fois que l’assemblée générale aura à se prononcer sur ce régime de sanction qui touche notre pays depuis plus d’un demi-siècle. Au départ, le but de ce blocus était de provoquer la famine sur l’île pour que le peuple cubain se soulève contre son gouvernement révolutionnaire. Toute la communauté internationale nous soutient chaque année, sauf les Etats-Unis et Israël. Je suis certain que ce sera encore un succès cette année.

Quelles sont les conséquences au quotidien de ce blocus sur l’île, dans la vie quotidienne ?

Toute la société est touchée (santé, éducation, culture...) mais également notre politique financière par rapport aux banques qui souhaiteraient avoir des relations avec nous, et nous avec elles. C’est exactement ce qui s’est passé avec la BNP Paribas qui a été sanctionné d’une forte amende par les Etats-Unis pour avoir eu des relations avec Cuba. C'est faux quand les Etats-Unis disent que le blocus est une affaire entre eux et nous car le blocus a un réel pouvoir de nuisance extra-territorial.

Les liens avec les Etats-Unis sont-ils définitivement rompus ?

Non. Nous sommes prêts à discuter avec les Etats-Unis sur des problèmes bilatéraux, mais d’égal à égal, sans sujets tabous. Nous sommes prêts à échanger sur tout, dans le respect de chacun de choisir son système politique. Or, le gouvernement américain conditionne l’ouverture du dialogue par un changement de régime à Cuba, et notamment du système de parti unique. Nous considérons que le parti unique maintient la Révolution, la paix et qu’il est garant de l’unité du peuple. Un système cubain avec 400 partis politiques financés par les Etats-Unis et qui se présenteraient à des élections serait-il plus démocratique ? Je ne le pense pas.

Où en est le plan de réformes économiques et sociales entamé depuis 2013 ?

Il est en cours. Il était indispensable pour maintenir notre économie qui avait souffert de la chute des pays socialistes d’Europe de l’Est et du blocus américain. Cuba avait de gros problèmes économiques car nous sommes un pays du Tiers-Monde dépendant de l’économique mondiale. C’est pour cela que nous avons voulu actualiser notre système économique sans en changer les bases. Nous avons voté en juin dernier une loi favorisant les investissements étrangers. Cela nous aidera à développer sur l’île des secteurs comme l’agro-industrie, le tourisme, la construction. En revanche, nous ne touchons pas à la santé, l’éducation ou les forces armées. Nous avons besoin d’environ 2,5 milliards de dollars par an pour que notre économie puisse avoir une croissance acceptable.

A ce propos, des entreprises françaises s’installent-elles à Cuba ?

Oui bien sûr, il y a environ une vingtaine de groupes français : Accor, Bouygues, Alcatel, Air France, Malongo... qui sont venus s’ajouter à Pernod Ricard qui est à Cuba pour commercialiser le rhum Havana club depuis plus de 20 ans et qui subit avec nous le blocus américain puisque le Havana club est interdit à la vente aux Etats-Unis.

Parmi les réformes, une a porté sur l’immigration en ôtant l’obligation pour les Cubains voulant aller à l’étranger de demander une autorisation de sortie. Un premier bilan a-t-il été tiré ?

La question migratoire a toujours été centrale à Cuba. Grâce à cette loi, tout Cubain peut aller partout dans le monde. C'est après aux pays étrangers à leur donner un visa. Cela permettra à nos concitoyens de connaître différents pays et de comparer. On assiste d’ailleurs à des retours de Cubains immigrés qui, pour être partis illégalement, ne pouvaient pas rentrer à Cuba. Désormais chacun peut entrer et sortir. En fait, cela me fait penser aux paroles de Jean-Paul II lors de sa venue à Cuba en 1998. Il avait demandé que Cuba s’ouvre au monde, mais que le monde s’ouvre aussi à Cuba. 

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Parmi les batailles politiques que mène Cuba, il y a celle pour les 5 Cubains emprisonnés aux Etats-Unis pour avoir infiltré en Floride des groupes terroristes cubano-américains pour les empêcher de commettre des attentats sur l’île. Où en est l'affaire ?

C’est, avec la fin du blocus, une autre de nos grandes batailles. Sur les cinq, deux ont été libérés : René Gonzalez* et Fernando Gonzalez. Ils sont sortis non pas grâce à des remises de peine mais après avoir purgé toute leur peine. Aucun geste n’a été octroyé par le gouvernement américain. Il en reste toujours trois en prison : Antonio Guerrero, Ramon Labañino et Garardo Hernandez. Un sortira en 2017, un autre en 2024 et Gerardo Hernandez risque de mourir en prison puisqu’il a été condamné à deux perpétuités plus 15 ans !

Heureusement, un fort mouvement de solidarité internationale s’est instauré pour exiger du président Obama qu’il les fasse libérer. Car aujourd’hui, les recours sont épuisés et seul lui peut le faire par un geste politique. 

Cuba est connu pour sa politique internationaliste dans le monde. C’est actuellement le cas en Afrique de l’ouest avec le virus Ebola. 

C’est l’histoire de la révolution cubaine. Nous l’avons toujours fait. Nous avons reçu et nous avons donné sans rien demander en retour. Concernant Ebola, plus de 460 médecins sont partis en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Ce qui fait de Cuba le pays ayant envoyé le plus de personnel médical sur place. Des milliers de médecins cubains ont été envoyés dans le monde depuis 1959. En dépit du blocus, si on peut aujourd’hui envoyer autant de médecins en Afrique, c’est que la solidarité envers les pays du Tiers-Monde est plus importante que tout pour nous. Car Cuba a toujours été un pays solidaire.

Entretien réalisé par Sébastien Madau pour la Marseillaise

18:17 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Amérique Latine, Entretien | Tags : hector igarza, cuba, ambassade | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

17/10/2014

La place de la femme cubaine dans le nouveau modèle économique

100_9408.JPGCuba, en tant qu’État signataire de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, présente des résultats encourageants en matière de sécurité sociale, d’éducation sexuelle, d’emploi et de prise de responsabilité féminine.

La professeure Magalys Arocha Dominguez, représentante du Comité cubain pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, entre 2005 et 2012, a livré des informations à Granma International sur l’application de cette Convention à Cuba.

Comment applique-t-on les principes de la Convention dans un contexte marqué par la mise à jour du modèle économique et la tenue du récent Congrès de la Fédération des femmes cubaines (FMC) ?

La volonté politique de Cuba concernant les droits de la femme est manifeste. Nous avons été le premier pays à signer la Convention et le deuxième à la ratifier.

100_9490.JPGL’égalité hommes-femmes est inscrite dans la Constitution, et il ne saurait y avoir aucune modification actuellement. Cependant, la mise à jour du modèle économique soulève des questions concernant les droits à l’égalité, dans le cadre des modifications de la gestion de la propriété et de l’organisation du travail.

Maintenir les droits acquis jusqu’à aujourd’hui dans le cadre professionnel et les promouvoir dans ces nouvelles conditions représentent un grand défi. Les Cubaines abordent ce processus de mise à jour avec beaucoup d’avantages, comme celui d’avoir un niveau d’instruction et de qualification professionnelle élevé. Reste le défi d’en finir avec certains obstacles d’ordre subjectif afin que les femmes entrent en concurrence sur le plan professionnel.

Nous devons faire face à cette subjectivité rétrograde selon laquelle la femme ne peut pas s’insérer dans un travail qualifié dans la nouvelle forme de gestion. Nous devons procéder à des analyses conjoncturelles avec les gouvernements locaux afin de déterminer les sources d’emploi féminin et comment les femmes peuvent s’adonner au travail de la terre en usufruit en milieu rural et à toutes les formes d’emploi qui existent dans le pays.

Ces nouvelles conditions devraient permettre aux femmes de s’insérer dans le travail à leur compte en tant que propriétaires et gestionnaires, et ne pas rester cantonnées dans le traditionnel modèle d’employée.

On ne peut pas ignorer certains risques. Avec ces nouvelles formes de gestion, il est possible de voir se perpétuer la conception du confinement de la femme aux tâches ménagères, aux soins, et autres services…

La nouvelle femme cubaine pourra difficilement être exploitée. Cependant, ce qui me préoccupe le plus, c’est qu’elle puisse se contenter d’un travail à son compte mieux rémunéré en renonçant à un emploi qui lui apporte plus de satisfactions dans un autre domaine pour se contenter d’un travail ménager.

Ces risques ne doivent pas nous alarmer. Nous devons faire un travail auprès des femmes. Je crois qu’elles sont bien intégrées à leur poste de travail et que celles qui rejoignent la nouvelle forme de gestion le font pour réussir.

Comment concilier cela avec la baisse de la natalité dans le pays ?

100_9532.JPGLes défis auxquels nous devons faire face aujourd’hui dans le cadre de la mise à jour du nouveau modèle économique, ainsi qu’après les débats qui se sont déroulés lors du Congrès de la FMC, concernant la participation de la femme dans la vie économique du pays, sont nuancés par les modifications qui se sont produites en matière de fécondité et de natalité.

Les changements qui ont eu lieu à Cuba – avec l’éducation des femmes, l’accès au travail et au monde professionnel – ont été révolutionnaires parce qu’ils ont été accompagnés d’une meilleure qualité de vie et d’une reconnaissance sociale plus importante.

Mais lorsque nous avons commencé à courir le risque d’une décroissance de la population, c’est devenu un phénomène préoccupant pour la société, et non pour la femme en particulier.

Il y a également l’influence de facteurs économiques. Le report de la maternité a eu pour conséquence que souvent les femmes n’ont eu qu’un seul enfant.

Nous devons poursuivre le travail. Je crois que c’est un défi pour le pays de créer de meilleures conditions pour les couples qui décident d’avoir un enfant. Le gouvernement en a conscience, et il en a été beaucoup question au sein de la Fédération, au Congrès et dans d’autres lieux.

La reproduction et la natalité ne sont pas un problème spécifique des femmes, même s’il ne peut se résoudre sans elles. C’est un problème de la société tout entière qui a besoin de se reproduire pour assurer sa pérennité, et c’est à elle d’y faire face.

Source: Granma International, photos E-Mosaïque

10:46 Publié dans AL-Pays : Cuba, Economie, Entretien, Société | Tags : femme, cuba, droits | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg