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11/07/2015

EVRY : LE GENERAL SAINT MARTIN HONORE

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Réception des ambassadeurs du Pérou et du Chili en présence du Maire d'Evry Francis Chouat, pour célébrer le Général St Martin libérateur de l'Amerique Latine et qui a vécu 10 ans à Evry

Smartin.JPGGénéral José de San Martín qui a vécu dans une maison à Évry (aujourd'hui Couvent de la Solitude des Sœurs de Notre-Dame de Sion) dans le quartier de Grand-Bourg jusqu'en 1848 pendant 14 ans.

Né à Yapeyú, Corrientes (Argentine) le 25/02/1778 ; Mort à Boulogne-sur-Mer (France) le 17/08/1850
Homme politique et militaire argentin, José de San Martín est l'un des principaux artisans de l'indépendance de plusieurs pays d'Amérique du Sud, alors possessions espagnoles.

Après avoir servi dans l'armée espagnole, il rentre en Argentine en 1812 et intègre le mouvement indépendantiste. Il participe alors en 1816 à l'unification des provinces du Rio de la Plata (future Argentine). En 1817, à la tête d'une armée de 5000 hommes, il libère le Chili dont l'indépendance est proclamée le 12 février 1818. Fort de cette victoire, le Libertador marche sur Lima en 1820, en ayant sous ses ordres une armée de 4000 hommes, argentins et chiliens. Son combat aboutit à l'indépendance du Pérou le 28 juillet 1821.

Nommé "protecteur" du Pérou, il gouverne alors pendant un an. En 1822 il démissionne et s'exile peu après en Europe.

En 1831, il s'installe en France, dans une propriété de campagne près de Paris. Trois années plus tard, il déménage pour une maison à Évry dans le quartier de Grand-Bourg, où il réside jusqu'en 1848. Finalement, en mars 1848, il part pour Boulogne-sur-Mer, où il décéde le 17 août 1850 ; il n'aura jamais perçu sa pension de général.

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19/05/2015

JOSE MARTI 120 ANS APRES SA DISPARITION IL RESTE LE HEROS DE L'AMERIQUE LATINE

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JOSE MARTI, (1853-1895)

Ce qui m'a changé? La vie elle-même, à travers un approfondissement de la pensée de Marti [Jose Marti étant un poète et héros de la nation cubaine] et les classiques du socialisme. - Fidel Castro

José Marti (1853-1895) est sans conteste la figure la plus importante du XIXe siècle cubain. Cité par les révolutionnaires de Fidel Castro comme « l'auteur intellectuel » et l'inspirateur de la Révolution cubaine, il est à l'origine de la création au XIXe siècle de la conscience continentale d'une Amérique métisse, celle qu'il nomma « Notre Amérique », en opposition à l'Amérique anglo-saxonne du Nord.
Il prit la défense des Noirs et des Indiens, fut l'organisateur et le premier dirigeant de la Guerre révolutionnaire d'indépendance de Cuba en 1895 - Cuba est alors une colonie espagnole -, le fondateur du Parti révolutionnaire cubain (1892), celui qui formula pour la première fois une doctrine américaine anti-impérialiste.

Il est aujourd'hui l'inspirateur non seulement des dirigeants et intellectuels cubains, mais aussi de la plupart des pays de l'Amérique latine. Il fut aussi poète, critique littéraire et journaliste, reconnu dans toute l'Amérique. La célèbre chanson Guantbnamera s'inspire de son recueil de poèmes Versos sencillos (1891).Déporté en Espagne très jeune, il voyagea dans toute l'Amérique latine (Mexique, Guatemala, Venezuela) et aux Etats Unis et fonda de multiples revues éphémères.

Initiateur du soulèvement anticolonialiste de 1895, il débarqua à Cuba (comme le fit Fidel Castro quelques années plus tard) accompagné d'un détachement armé, mais fut tué lors de sa première bataille contre les EspagnoLs.
Il est depuis considéré comme un martyr et un mythe de l'indépendance de Cuba et de l'Amérique latine.*
José Martí est certainement l'homme le plus glorifié par le peuple cubain, qui le considère comme le plus grand martyr et l'apôtre de la lutte pour indépendance.
José Martí est né à la Havane le 20 janvier 1853. Rapidement il s'engagea dans la lutte anti-coloniale, à quinze ans, déjà, il fondait un journal nationaliste, à 16 ans il était arrêté pour trahison et condamné à six ans de travaux forcés.

Libéré six mois plus tard et assigné à résidence, il fut déporté en Espagne durant quatre années. Son exil se poursuivit en France, en Angleterre, au Mexique.
Une amnistie des prisonniers politiques lui permet de revenir à Cuba, où il fut de nouveau arrêté et de nouveau renvoyé en Espagne.Il s'installa à New York, où vivaient de nombreux exilés cubains, et durant les quinze années qui suivirent il se consacra sans relâche à l'activité politique au sein du parti révolutionnaire cubain.

Son objectif était d'obtenir l'indépendance de Cuba en s'appuyant sur le peuple et les masses opprimées, d'obtenir l'égalité raciale, égalité économique et l'égalité des sexes.Il débarqua sur l'île en 1895, et fut tué lors de sa première bataille contre les Espagnols, le 19 mai 1895.

* - José Marti, la liberté de Cuba et l'Amarique latine, Jean Lamore, édition Ellipses.

Citations de José Marti «Le divin est dans l'humain.» - Essai sur l'art et la littérature

«La grandeur des chefs n'est pas dans leur personne, mais dans la mesure où ils servent la grandeur de leur peuple.»

«Celui qui ne se sent pas offensé par l'offense faite à d'autres hommes, celui qui ne ressent pas sur sa joue la brûlure du soufflet appliqué sur une autre joue, quelle qu'en soit la couleur, n'est pas digne du nom d'homme.» - Pages choisies

«Tout ce qui divise les hommes, tout ce qui les spécifie, les isole ou les parque, est un péché contre l'humanité.» - Notre Amérique

«Tout homme a deux mères : la nature et les circonstances.» - Pages choisies

«La fraternité du malheur est la fraternité la plus rapide.»

«La liberté coûte très cher et il faut, ou se résigner à vivre sans elle, ou se décider à la payer son prix.» - Discours

«Un grain de poésie suffit à parfumer tout un siècle.» - Pages choisies

«Le gouvernement doit naître du pays.» - Notre Amérique «Monsieur le Président possède Un jardin avec sa fontaine Et des trésors d’or et de blé ; Mais moi, j’ai plus, j’ai un ami.»

- Extrait des Simples vers

«La parole n'est pas faite pour couvrir la vérité, mais pour la dire.»

«La mort est une victoire et quand on a bien vécu, le cercueil est un char de triomphe.»

- Pages choisies«C’est l’heure des brasiers, il ne faut y voir que la lumière.»

«La patrie, c'est l'humanité.»

"Un pays cultivé est toujours fort et libre!"

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11/05/2015

Le député Front de Gauche André Chassaigne à Cuba avec François Hollande

chassaignecuba.jpgLe président du groupe Front de Gauche à l’Assemblée Nationale fait partie des invités de François Hollande au sein de la délégation officielle française à Cuba, du 10 au 12 mai.

 Le député du Puy-de-Dôme préside le groupe d’amitié France-Cuba au Palais Bourbon. André Chassaigne est président du groupe d'amitié France-Cuba à l'Assemblée Nationale. Il accompagne François Hollande pour la première visite d'un chef d'Etat français sur l'île des frères Castro le 11 mai 2015.

Dîner officiel au Palais de la Révolution offert par Raul Castro, inauguration du nouveau site de l’Alliance française à La Havane : André Chassaigne, le député Front de Gauche du Puy-de-Dôme, est invité par François Hollande pour un rendez-vous historique.

Il s’agit de la première visite officielle d’un chef d’Etat français à Cuba, le 11 mai 2015, quelques mois seulement aprés la levée de l'embargo américain.

"Ce voyage a pour moi une grande importance affective. Etre présent pour la première visite d’un chef d’Etat français est un moment chargé d’émotion. Il y a un côté sentimental bien sûr, que l’on retrouve en pensant à Che Guevara, mais il est temps désormais d’être dans le temps de la construction et du développement économique avec Cuba" explique André Chassaigne, président du groupe d'amitié France-Cuba à l'Assemblée Nationale.

Au sein de la délégation officielle, le député communiste du Puy-de-Dôme sera aux côtés de grands patrons français venus glaner les fruits de la levée de l’embargo : Orange, qui lorgne sur l’essor du réseau Internet à Cuba, les entreprises Carrefour, Malongo, Air France ou le Crédit Coopératif car les banques françaises ne sont actuellement pas représentées sur le territoire cubain.

Est-ce la fin d’un mythe et la victoire des marchés ? Est-on passé de l’utopie au business ? L'élu du Parti Communiste, compagnon de route du guévarisme, se montre plus pragmatique : " L’idée, c’est de dépasser le symbole et d’être utile au développement de Cuba. Que les relations commerciales puissent se concrétiser, dans un esprit de coopération basé sur le respect mutuel.

Il ne s’agit en aucun cas d’ouvrir les vannes du néolibéralisme. Les cubains ont des attentes et souhaitent la présence de grandes entreprises françaises et européennes. L’autre question importante à mon sens est le débat mondial sur le réchauffement climatique. L’île cubaine est très concernée sur la question du niveau des eaux. Si Fidel Castro reçoit François Hollande, il lui parlera sûrement de cet enjeu.

Publié par France Télévision Auvergne

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09:39 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Histoire, Société | Tags : cuba, hollande, voyage, chassaigne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

16/02/2015

Histoire de notre Amérique : José Marti

100_9258.JPGIl nous est impossible de comprendre et d'analyser les événements d'aujourd'hui sans étudier le passé. L'histoire est ce miroir qui nous permet de voir ce qui nous a précédés et d'anticiper ce qui adviendra dans le futur. Voilà pourquoi on ne peut s'intéresser aux transformations qui secouent l'Amérique Latine depuis plus de 15 ans sans en chercher les racines.

Comprendre les révolutions cubaines, vénézuéliennes, équatoriennes, boliviennes, c’est aussi et avant tout étudier ceux qui ont pensé ces révolutions, ceux qui en ont été les instigateurs, ceux qui ont à travers leurs écrits et leurs luttes permis l’émancipation du continent latino-américain.

Parmi eux, le célèbre Simon Bolivar, El Libertador, éminent combattant pour l’indépendance de l’Amérique Latine, San Martin, père de l’indépendance chilienne et argentine, Sucre, vainqueur de la décisive bataille d’Ayacucho qui débouche sur l’indépendance du Pérou. Et parmi ces grandes figures de la libération, un homme va particulièrement marquer l’histoire de l’Amérique de son empreinte, il s’agit du cubain José Marti...

Vie et lutte de José MartiJosé Marti naît le 28 janvier 1853 à la Havane, dans une famille d’immigrés espagnols. Cuba est alors avec Porto Rico la dernière colonie espagnole d’Amérique. José Marti est à la fois un homme complexe et complet.

Personnage énigmatique, il continue à fasciner ceux qui dévorent ses œuvres monumentales. A la fois poète, journaliste (il écrit dans de nombreux journaux latino-américains), homme de lettres, intellectuel engagé... Selon Eusebio Leal, Docteur en Histoire et Directeur du musée José Marti de la Havane, Marti était un homme d’une « grande humanité ». Toujours selon Leal, il était « capable de nous éclairer avec sa plume, capable d’épouser l’univers américain, de donner vie à l’Amérique indigène ». Il est le prototype même de l’homme qui unit théorie et action. Celui qui utilisa l’arme des idées pour mener à bien son projet d’indépendance à Cuba. En somme, un philosophe de la « praxis ».

Très tôt, José Marti développe une conscience politique et patriotique grâce notamment à son professeur, Rafael Maria De Mendive. En 1868, alors qu’il n’a que quinze ans, Marti a l’occasion de mettre son amour de la patrie au service de Cuba. Il s’engage dans la guerre qui oppose son pays à l’Espagne. Quinze ans et déjà sur les champs de bataille, ceci en dit long sur le rejet viscéral qu’éprouvait le patriote cubain envers le colonialisme espagnol. Pour Marti, la lutte pour l’indépendance est un devoir sacré.

Néanmoins, son action aux côtés des indépendantistes cubains ne l’empêche pas de continuer à utiliser sa plume au service de la libération de sa patrie. En effet, en 1869, il publie dans la revue qu’il a créée Patria Libre, un vibrant et puissant poème : Abdala. Ce dernier se présente comme un violent réquisitoire contre l’occupation espagnole. Marti y met en scène une conversation entre une mère et son fils, Abdala. Ce dernier demande à sa mère : « Tu veux savoir ce que c’est la Patrie ? », « La Patrie, c’est la haine envers celui qui l’opprime et la rancœur éternelle envers ceux qui l’attaquent ».

A travers les mots du jeune homme, c’est tout le ressentiment de Marti qui s’exprime. Abdala, c’est Marti. Un jeune homme révolté, enragé, fatigué de cette domination qui n’en finit plus et qui condamne le peuple cubain à la misère, à l’exploitation et à la soumission. Ce poème d’un grand courage condamna Marti à l’exil en 1871.

D’abord à Cadix en Espagne puis en France alors en pleine effervescence révolutionnaire avec la Commune de Paris, avant de rejoindre Londres et enfin New-York en 1878. Depuis quelques années déjà, José Marti en grand visionnaire voyait la fin de l’empire espagnol arriver à grands pas. Un empire était sur le point de s’effondrer bientôt remplacé par un nouveau : l’empire états-unien.

Lors de son séjour aux Etats-Unis, Marti peut constater les effets du capitalisme sur la société états-unienne. Il est frappé de voir la masse des ouvriers souffrir de pauvreté, de chômage, pendant qu’une petite minorité de personnes ne cesse de s’enrichir. Puis, il découvre également les injustices dans les campagnes. La terre est accaparée par les grands propriétaires terriens au détriment des petits paysans. Mais surtout, et c’est là que la pensée de José Marti devient cruciale pour comprendre la politique états-unienne en Amérique Latine au XXème siècle, le patriote cubain voit dans les Etats-Unis une nation expansionniste, impérialiste, qui ne va cesser de chercher de nouveaux territoires dans le but d’affirmer son hégémonie, d’abord sur le continent américain puis dans le monde entier.

La bourgeoisie industrielle états-unienne en pleine expansion a en effet besoin de nouveaux espaces pour écouler ses marchandises.

Marti voit dans ce pays, une nouvelle puissance coloniale ou plutôt « néocoloniale » qui, contrairement aux puissances coloniales classiques comme la France ou l’Angleterre, n’occupera pas directement des pays mais les inondera de capitaux et y enverra ses multinationales afin de piller les ressources naturelles. Néanmoins, et l’histoire est là pour nous le rappeler, les Etats-Unis n’ont pas hésité à utiliser tous les moyens même les plus sauvages et les plus barbares pour s’assurer de la soumission du sous-continent et ainsi faire taire toute contestation. José Marti avait donc vu juste.

Voilà pourquoi il n’a cessé de lutter autant contre l’Espagne que contre les Etats-Unis. De plus, il avait compris très tôt que, seule, Cuba aurait beaucoup de mal à se libérer. C’est pourquoi il fut aussi un fervent défenseur de l’union des nations et des peuples latino-américains et caribéens.

Dans la lignée de ses prédécesseurs Bolivar, San Martin, O’Higgins... il prôna l’alliance des pays du sous-continent afin de contenir les visées impérialistes et expansionnistes de Washington.

Seule l’unification du continent sud-américain pouvait faire face au néocolonialisme états-unien et en même temps promouvoir le développement économique et commercial entre les nouvelles républiques récemment libérées du joug espagnol. En réalité, José Marti, tout comme Ernesto Guevara plus tard, ne possédait pas de véritable patrie. Même si Cuba était la terre qu’il l’avait vu naître et pour l’indépendance de laquelle il allait donner sa vie, il était un combattant de la Grande Patrie, l’Amérique Latine. Son idéal de justice, de liberté, de solidarité, ses profondes convictions sur la démocratie et le pouvoir populaire dépassaient les frontières cubaines et se répandaient lentement pour embrasser les terres récemment libérées de l’Amérique Latine.

C’est pourquoi il a affirmé « Maintenant, je risque tous les jours de donner ma vie pour mon pays et pour mon devoir qui est d’empêcher avant qu’il ne soit trop tard, au moyen de l’indépendance de Cuba, que les Etats-Unis ne se s’étendent dans les Antilles avant de s’abattre avec cette force supplémentaire sur nos patries d’Amérique ». Cuba devait être ainsi la nation qui empêcherait les Etats-Unis de conquérir l’Amérique Latine.

Malheureusement, le rêve de José Marti se brisa brutalement en 1898, trois ans après sa mort, lorsque les Etats-Unis sous prétexte de « libérer » le peuple cubain de l’oppression espagnol, envahit Cuba et fit de l’île caribéenne une semi-colonie. Mais le valeureux peuple cubain ne dit pas son dernier mot et, le 26 juillet 1953, José Marti ressuscita en la personne de Fidel Castro.

L’éternel héritage de José MartiLa guerre cubano-hispano-états-unienne prend fin en 1898. L’Espagne est vaincue et perd ses dernières colonies. Les Etats-Unis sont les grands gagnants de cette guerre en s’emparant de Cuba et de Porto Rico. Officiellement, ces pays sont « libres » mais dans les faits la situation est bien différente. En effet, en 1901, l’amendement Platt, du nom du sénateur républicain Orville H.Platt, fait de Cuba un protectorat des Etats-Unis en établissant des « liens spéciaux » entre Washington et La Havane. Concrètement, cet amendement confère aux Etats-Unis un pouvoir quasi illimité dans l’île qui devient presque un nouvel Etat des Etats-Unis.

Par exemple, il est établi que : « Le gouvernement de Cuba ne conclura avec aucune autorité locale ou étrangère aucun traité ou accord qui pourrait diminuer ou tendre à diminuer l’indépendance de Cuba, ni en aucune manière autoriser ou permettre à une quelconque autorité d’obtenir, par colonisation ou par des sommations militaires ou navales, la possibilité de s’installer ou de contrôler quelque portion de cette île que ce soit ». Sous prétexte de garantir « l’indépendance » de Cuba, les Etats-Unis vont imposer pendant près de 60 ans une domination cruelle en mettant au pouvoir des pantins qui serviront leurs intérêts : Machado, Batista et autres marionnettes à la botte de Washington.

Pendant ce temps-là, l’immense majorité des Cubains ne mange pas à sa faim, l’analphabétisme frappe des millions de personnes et les soins de santé sont quasi inexistants. Les idéaux de liberté, d’égalité, de souveraineté populaire défendus par Marti semblent bien loin.

Ce que redoutait Marti est arrivé. L’impérialisme s’est jeté comme un chien sur Cuba et le reste de l’Amérique Latine qui reste le continent des « veines ouvertes ». L’union latino-américaine a été court-circuitée par les ambitions impérialistes de Washington. Les Etats-Unis comprirent très vite qu’une alliance entre les pays d’Amérique Latine nuirait à leurs intérêts. Mais les tensions et les contradictions inhérentes à la société cubaine vont bientôt exploser au grand jour. Et le 26 juillet 1953, Fidel Castro, accompagné de 130 hommes et deux femmes, lance l’assaut contre la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba.

Il souhaite ainsi provoquer un soulèvement populaire contre la sanglante dictature de Fulgencio Batista. Peu après, il est arrêté et un des enquêteurs lui pose cette question : « Qui est l’idéologue de cette révolte ? » Et Castro lui répond : « Comment qui est l’idéologue ? C’est José Marti bien sûr ! ». Évidemment, la pensée et l’idéal de José Marti n’avaient jamais disparu. Ils étaient extrêmement présents dans la conscience du peuple cubain. Il suffisait juste d’un homme pour mettre de nouveau à nu le projet et les aspirations de celui-ci.

La révolution cubaine de 1959 sonne ainsi comme un coup de tonnerre pour l’Amérique Latine et les Caraïbes. Elle vient rendre un vibrant hommage à la pensée martienne. En effet, pour la première fois depuis très longtemps, Cuba redevenait une nation libre et souveraine. La conquête de l’indépendance politique puis économique fit de Fidel Castro, d’Ernesto Guevara, de Camilo Cienfuegos les dignes héritiers du combat de José Marti.

Mais au-delà du gouvernement cubain, c’est tout le peuple en chair et en os qui symbolisait comme un seul homme la figure emblématique de Marti. Les nationalisations, la réforme agraire, les campagnes d’alphabétisation, les vaccinations gratuites, le rôle majeur donné à l’art et la culture allaient parfaitement dans le sens de ce qu’avait prôné le leader patriote. N’oublions pas que Marti était un grand homme de lettres et qu’il défendait ardemment la diffusion du savoir et de la culture. Ce que ne manqua pas de faire le nouveau gouvernement révolutionnaire en donnant à tous l’accès à une éducation de qualité et gratuite.

Comme l’a dit très justement Fidel Castro un jour où il rendait hommage à Marti : « La révolution, c’est la fille des idées et de la culture ». Mais la poursuite de l’idéologie martienne ne s’arrêta pas là. Le nouvel Etat cubain tenta à maintes reprises de fédérer l’Amérique Latine et de la sortir de l’orbite des Etats-Unis. Mais, mise à part la forte alliance avec le gouvernement révolutionnaire de Salvador Allende, peu de gouvernements latino-américains suivirent le chemin de Fidel Castro. Et pour cause ! La grande majorité des gouvernements sud-américains étaient dans les années 1970-1980 des alliés inconditionnels des Etats-Unis.

Pire, ces Etats étaient pour la plupart des régimes fascistes et sanguinaires (Pinochet au Chili, Videla en Argentine, Srotessner au Paraguay). Ne trouvant pas de partenaires en Amérique Latine, le pays se tourna vers le monde et plus particulièrement vers l’Afrique. Aide militaire à l’Angola dans sa lutte pour l’indépendance, envoi de médecins aux quatre coins de la planète... Là aussi, l’héritage de Marti est fondamental. Car au-delà de fédérer les peuples latino-américains, le patriote cubain plaidait pour une solidarité internationale. Un internationalisme des pays du Sud. Ernesto Guevara fut sans doute celui qui assimila le mieux ce message.

Il comprit la nécessite d’unir les peuples du « tiers-monde » contre l’impérialisme, le colonialisme et le néocolonialisme, ceux contre qui José Marti s’était battu en y laissant sa vie. Enfin, depuis maintenant plus de quinze ans et la victoire du commandante Hugo Chavez à la présidence du Venezuela, la pensée de José Marti est plus que jamais d’actualité. Après sa sortie de prison en 1994, Chavez se rendit à Cuba sur invitation de Fidel Castro. Il y prononça un discours très remarqué dans lequel il déclara notamment : « Le siècle qui va s’ouvrir est le siècle de l’espoir, c’est notre siècle, le siècle de la résurrection, du rêve de Bolivar, du rêve de MARTI, du rêve latino-américain ».

Quatre ans plus tard, ce rêve devint réalité. Avec Cuba et le Venezuela, les rêves de Marti pouvaient commencer à se réaliser. Ils se concrétisèrent le 14 décembre 2004 lorsque Fidel Castro et Hugo Chavez annoncèrent la création de l’Alternative Bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique (ALBA).

Cette nouvelle organisation a pour but de contrer tout ce que Marti combattait, comme la Zone de Libre Echange des Amériques (ALCA en espagnol) qui visait à instaurer une zone de libre-échange de l’Alaska à la Patagonie. Un nouvel instrument de domination impérialiste et néocoloniale dans le but de soumettre les pays latino-américains à la dictature néolibérale.

L’ALBA a aussi pour but de promouvoir l’intégration latino-américaine en s’appuyant sur divers mécanismes de solidarité comme l’envoi de médecins cubains en Bolivie par exemple où 300.000 personnes ont été soignées grâce à la mission « Milagro » qui soigne les yeux malades. On pourrait également citer la Communauté des Etats latino-américains et caribéens ou l’Union des Nations sud- américaines (UNASUR). Autant de processus d’intégration qui visent à concrétiser les projets d’union et de solidarité entre les pays latino-américains.

Comme nous avons pu le constater, la trace laissée par José Marti dans l’histoire de Cuba et de l’Amérique Latine en général est plus que jamais indélébile. Sa pensée, son idéal, ses écrits, ses poèmes, son action révolutionnaire continuent d’inspirer aujourd’hui encore ceux qui aspirent à transformer la société en profondeur et à imaginer un autre modèle de civilisation que celui imposé par les gouvernements capitalistes occidentaux. Le combat mené par ce nationaliste pour l’indépendance de la nation cubaine et de la patrie latino-américaine est plus que jamais à l’ordre du jour. Quoi de plus beau que les révolutions démocratiques qui ont secoué le continent sud-américain ces dernières années pour rendre hommage au combat de José Marti ?

Les nouveaux processus d’intégration impulsés par les gouvernements progressistes latino-américains suivent parfaitement les enseignements de la pensée martienne. Rejet de l’impérialisme et de toute forme de néocolonialisme et, dans le même temps, construction d’une alternative au modèle économique et politique dominant. Hugo Chavez, Evo Morales, Rafael Correa, Daniel Ortega, Fidel Castro... autant de responsables politiques qui ont rendu leurs lettres de noblesse au combat désintéressé et héroïque du grand patriote José Marti !

Par Tarik Bouafia

Source : Le Journal de Notre Amérique n°1, Investig’Action, Février 2015.