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23/07/2016

Dilma Rousseff innocentée par un tribunal international

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Lina Sankari, L'Humanité

Une cour symbolique composée de spécialistes du monde entier – dont la sénatrice communiste du Val-de-Marne Laurence Cohen – a écarté, à l’unanimité, le crime de responsabilité de la présidente brésilienne. Elle en conclut que la procédurede destitution est à ce titre illégale.

Le tribunal a rendu sa sentence. Mercredi, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a été innocentée à l’unanimité par le tribunal international pour la démocratie, chargé de juger les modalités de la procédure de destitution, ouverte au Sénat pour maquillage présumé du déficit public en 2014, année de sa réélection. Installée à Rio de Janeiro, au Teatro Casa Grande, lieu historique de la résistance à la dictature, l’instance a été convoquée à l’initiative de Via Campesina, des Juristes pour la démocratie et du Front Brésil populaire, qui regroupe les mouvements syndicaux et politiques de gauche.

Avocate et professeure de droit civil à la faculté de droit de Rio de Janeiro, Caroline Proner a expliqué que l’objectif était de mettre en débat l’ensemble des arguments et a insisté sur « la transparence » de la procédure menée par des personnalités internationalement reconnues. Lors de ce procès symbolique, ces spécialistes venus du Mexique, de France, d’Italie, d’Espagne, du Costa Rica et des États-Unis ont conclu que la procédure d’impeachment viole la Constitution brésilienne, la Convention interaméricaine des droits de l’homme et le Pacte international des droits civiques et politiques. Inspirée du tribunal Russell qui jugea les crimes de guerre américains durant la guerre du Vietnam, cette cour a été chargée de se documenter et de juger les différents aspects de la procédure brésilienne.

La procédure de destitution, « un outil putschiste utilisé par les forces antidémocratiques »

Si l’expertise indépendante commandée par le Sénat a également mis en évidence l’absence de crime de responsabilité commis par Dilma Rousseff, les sénateurs, fidèles au gouvernement intérimaire du libéral Michel Temer, pourraient pourtant condamner la présidente progressiste fin août. Selon le tribunal international, en l’absence de crime de responsabilité, la procédure de destitution s’apparente à « un outil putschiste utilisé par les forces antidémocratiques et les conservateurs pour renverser le gouvernement légalement élu ».

Caroline Proner dénonce « le nouveau type de coup d’État parlementaire qui revêt les atours de la légalité ». Membre du jury, l’artiste argentin et Prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel a comparé la procédure en cours aux coups d’État de 2009 et 2012 contre les présidents du Honduras, José Manuel Zelaya, et du Paraguay, Fernando Lugo. En avril, alors qu’il s’adressait aux sénateurs brésiliens, Adolfo Pérez Esquivel a lancé : « Les intérêts du peuple du Brésil et de toute l’Amérique latine devraient être placés au-dessus des intérêts partisans des élites. »

Lors de son allocution, Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne (Groupe communiste, républicain et citoyen), a dénoncé « le procès politique dont la droite et la grande bourgeoisie, qui n’ont jamais supporté que 48 millions de Brésiliens sortent de la pauvreté, s’étaient fait les instigateurs afin de maintenir leurs privilèges. Cette grande bourgeoisie d’hommes blancs aisés et d’âge mûr n’est pas à l’image de la société.

C’est une politique raciste et misogyne qui revient sur le devant de la scène ». En atteste les premières réformes politiques édictées par le gouvernement intérimaire de Michel Temer. L’avocate Tania Oliveira égrène : « Le retour de la privatisation rampante, le démantèlement du Code du travail, l’augmentation du temps de travail, la réduction des dépenses publiques en matière d’éducation et de santé, la discrimination envers les femmes, les Noirs, les Indiens et tout représentant des minorités et l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale. » Laurence Cohen a été reçue jeudi avec les autres jurés par Dilma Rousseff afin d’exposer la décision du tribunal.

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19:28 Publié dans AL-Pays : Brésil, Politique | Tags : dilma roussef, tribunal | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

22/07/2016

Argentine : Justice a été rendue !

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33 ans après la fin de la dictature en Argentine, le verdict a été rendu dans le procès de l'Opération Condor. Un procès historique pour son importance en Amérique latine car il reconnaît l’existence du Plan Condor

BUENOS AIRES — 33 ans après la fin de la dictature en Argentine, 13 procédures judiciaires et trois audiences orales ont abouti au prononcé du verdict dans le procès de l'Opération Condor. Un procès historique pour son importance en Amérique latine car il reconnaît l’existence du Plan Condor.

Quatorze anciens chefs militaires et des responsables des services secrets argentins et un Uruguayen ont été condamnés le 27 mai à des peines de prison allant de 25 à 8 ans pour leur participation à plus d'une centaine de cas de disparition et autres crimes contre l'humanité, commis il y a 40 ans dans le cadre du Plan Condor, une opération de répression qui visait à éliminer les opposants aux dictatures instaurées dans la région.

Deux des verdicts les plus lourds lus par le juge Oscar Almirante ont été prononcés contre l’ancien chef de la garnison militaire de Campo de Mayo, Santiago Omar Riveros, condamné à 25 ans, et pour le dernier chef de la junte militaire, et à l’époque chef des Instituts militaires, Reynaldo Bignone (1982-1983), à 20 ans.

Ont également été condamnés à 25 ans, l'ancien agent de renseignement, Miguel Angel Furci, et l’Uruguayen Manuel Cordero, tortionnaires au centre de détention installé dans l'atelier Automotores Orletti, l'épicentre de la persécution des Uruguayens en Argentine, où sévissaient des répresseurs des deux pays.

Cordero a été condamné en tant que « complice actif, pénalement responsable de privation de liberté dans 11 cas », selon le verdict. Parmi les cas avérés contre l'ancien officier uruguayen, sa complicité dans la disparition de Maria Claudia Garcia, la belle-fille, alors enceinte, du poète argentin Juan Gelman, décédé en 2014.

La petite-fille de Gelman, Macarena, qui avait été remise à une famille complice de la dictature uruguayenne, a retrouvé son identité en 2000, 23 ans après son enlèvement . Présente au tribunal, elle n'a pas caché sa satisfaction en entendant la condamnation de l'un des responsables de l'assassinat de sa mère.

Sur les 32 accusés d’ « association de malfaiteurs » et de « privation illégale de liberté aggravée par l'application de mauvais traitements » sur un total de 105 cas, seuls 17 sont arrivés en tant qu’accusés à la sentence, deux d’entre eux ont été acquittés.

Les autres inculpés ont été écartés des débats pour des raisons de santé ou sont morts sans connaître le verdict des juges, comme c’est le cas du dictateur Jorge Rafael Videla, qui est mort en prison en 2013, trois mois après le début du procès devant la Cour fédérale.

L’Opération Condor fut une organisation criminelle clandestine de répression régionale articulée entre les dictatures installées en Amérique du Sud dans les années 1970 et la première moitié des années 80. Elle fut coordonnée par les services de renseignement des États-Unis, la CIA.

Le nombre total des victimes de ce plan régional d’extermination des opposants jugés en Argentine s’élève à 457 cas : Sont concernés des citoyens argentins (73), boliviens (14), chiliens (59), paraguayens (23) péruviens (3) et uruguayens ( 164), ainsi que brésiliens (10), et allemands et espagnols.

Le procès fut ouvert en 1999 avec la présentation de l’affaire par un groupe d'avocats devant la justice argentine; après 13 années de longues procédures, les audiences orales ont commencé en mars 2013.

« Et la justice a été rendue. Ce furent des années de batailles acharnées devant les autorités judiciaires pour parvenir au procès des acteurs de ces crimes odieux, mais aussi d’une opération d'extermination qui eut comme axe de coordination le gouvernement des États-Unis », a déclaré à Prensa Latina la politologue argentine, Stella Calloni.

La prestigieuse écrivaine et chercheuse a publié deux livres sur le plan régional de répression et d'extermination: « Opération Condor, Pacte criminel » (2006) et « Les années du Loup: Opération Condor » (1999), des recherches qui ont servi à soutenir les preuves durant le procès.

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03/07/2016

Le groupe Orishas : qu'elle est belle Cuba...

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Réuni à nouveau après une interruption de sept ans, le groupe de hip-hop cubain Orishas est de retour à Cuba. Le nouveau single fait déjà un tabac sur les ondes à la Havane : Cuba Isla Bella chante la nostalgie d’une île qui leur a tant manqué.

Après une séparation de sept ans, le groupe de hip-hop cubain Orishas se retrouve sur son île natale de Cuba. Le nouveau single du groupe est déjà très remarqué et très apprécié sur les ondes à la Havane. Cuba Isla Bella chante en réalité la douleur d’une île qui leur a tant manqué.

Vecteur de troubles

L’histoire du hip-hop à Cuba est d’abord semée d’embûches. Ce style musical qui a émergé dans les années 1990 a longtemps été considéré avec suspicion par les autorités en raison de ses origines américaines et aussi par la crainte qu'il pouvait fomenter des troubles comme vecteur critique de la société. Mais il se raconte aussi que Fidel Castro a reçu personnellement les membres du groupe et qu’il appréciait la qualité de leur travail.

Séparation à l’amiable

Orisha a vendu plus d'un million d’albums à travers le monde. Les trois membres du groupe — Yotuel, Ruzzo et Roldan — s’étaient séparés, sans se fâcher, en 2009 pour voler de leurs propres ailes et développer leur musique séparément. Ils se sont retrouvés cette semaine à la Havane pour confronter leur expérience. Pendant cette absence, Yotuel, qui vit à Miami, a eu l’occasion de collaborer étroitement avec la pop star latine Ricky Martin. Roldan, qui vit à Paris, a travaillé avec des rappeurs français. Ils ont déclaré que leur nouvelle musique serait probablement très distincte, sans pourvoir pour l’instant la définir avec précision.

Prochain album

"Nous sommes de retour, pas pour prouver quoi que ce soit, mais parce que nous aimons ce projet", explique Roldan. "Nous allons continuer avec l'essence de l'Orishas, mais sur un autre chemin". Après ces retrouvailles cubaines, Orishas doit participer le mois prochain à un festival en Belgique, puis sera en tournée aux États-Unis et en Amérique latine. Ils entreront ensuite en studio pour enregistrer quarante chansons et en sélectionner les dix meilleures pour leur prochain album. Les membres du trio disent espérer que Cuba et sa musique ne perdront pas leur authenticité et leur caractère unique à la suite du rapprochement de leur île avec les États-Unis.

Chan Chan

Le groupe cubain Orishas avait marqué de son empreinte la musique hip-hop. Il a trouvé un nouveau son mêlant rythmes et mélodies traditionnelles avec un rap urbain tropical musclé. Un des meilleurs exemples, c’est cette chanson, 537 Cuba, basée sur le très célèbre Chan Chan de Compay Segundo.

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12:06 Publié dans AL-Pays : Cuba, Cuba music, Société, Vidéo | Tags : le groupe orishas, cuba, musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

29/06/2016

La nouvelle gastronomie cubaine

platcubain.jpgLa gastronomie cubaine vit une petite révolution dans la foulée des réformes du président Raul Castro et de l'explosion du tourisme dans l'île.

Et bientôt, le régime traditionnel porc-riz-haricots noirs pourrait être supplanté par une cuisine plus équilibrée.

Tomates, laitue, concombres, aubergines, choux... Ramon Alfonso, 65 ans, découvre la cuisine végétarienne au bistrot privé Bohemia, dont la courette ombragée et les salades variées séduisent les promeneurs de la Plaza Vieja, dans le centre historique de La Havane.

Les assiettes sont colorées, savoureuses et peu caloriques, une aubaine lorsqu'en période estivale le mercure affiche souvent 35° à la mi-journée.

"C'est ma première expérience en tant que végétarien", assure Ramon. "C'est très bon. Je ne sais pas si je vais continuer car je ne suis pas habitué, mais je sais que c'est mieux pour la santé et l'environnement".

Les formules légères et fraîches séduisent notamment de nombreux touristes lassés des habituels plats de viande "vaca frita" et "ropa vieja" - filaments de veau ou boeuf marinés dans une sauce à la tomate puis sautés- ou encore des "chatinos", fritures souvent très grasses, à la carte de la plupart des restaurants cubains.

Dans la salle d'apprentissage du restaurant "Artechef", Eddy Fernandez verse un mince filet d'huile dans sa poêle, des poivrons coupés en fines lanières, de l'oignon et de l'ail écrasés. La viande de boeuf est précuite. Un passage rapide au feu, une touche de vin sec, et sa version light de la "vaca frita" est prête à déguster.

Ce chef de 53 ans, également président de la Fédération culinaire de Cuba, forme de nouveaux cuisiniers "en respectant l'authenticité cubaine (...) mais avec peu de gras, moins de sucre, moins de sel et plus de fruits et légumes".

Car la malnutrition est un problème récent mais déjà préoccupant à Cuba, où 45% de la population de plus de 15 ans présente des problèmes de surpoids, et 12% d'obésité, selon des données officielles.

Légumes de décoration

Un parfum de romarin inonde la cuisine du "Versus 1900". Devant son piano de cuisson, un jeune cuisinier de 23 ans, Alain Prieto, prépare du veau en s'inspirant d'une recette péruvienne. A ses côtés, son collègue Omar Gil, de dix ans son aîné, prépare une "tempura", des légumes sautés à la japonaise. "Les gens commencent à manger différemment, plus raffiné", constate-t-il.

L'Italienne Annalisa Gallina, 37 ans, est arrivée à Cuba en 2013 pour cuisiner au Bohemia. Jusqu'à récemment, explique-t-elle, la salade était seulement considérée comme "une sorte de décoration" par les locaux, qui préfèrent consacrer le gros de leur budget à la viande plutôt qu'aux légumes quand ils le peuvent.

Pour un Cubain, si dans son assiette "il n'y a pas de riz, pas de haricot noirs, et surtout pas de viande, il n'y a rien à manger", caricature Annalisa Gallina.

Elle dit toutefois constater une évolution récente, inspirée notamment par les centaines de milliers de Cubains ayant voyagé à l'étranger depuis la suppression en 2013 des restrictions de voyage par Raul Castro.

En outre, l'ouverture de l'économie aux petits entrepreneurs privés a permis à certains d'accroître leur pouvoir d'achat et ainsi d'aspirer à une meilleure alimentation.

Le principal défi des tenants de la gastronomie cubaine est aujourd'hui de répondre à la demande des près de quatre millions de touristes attendus en 2016. Des centaines de restaurants privés entendent capter une partie de la manne.

Un surprenant jus de goyave au poivre noir

Au "Versus 1900", Alain Prieto et Omar Gil exposent avec fierté leurs produits bio: tomates cerises, raisins secs, fraises... tous cultivés à Cuba. "Nous avons un jardin potager, les légumes de cette assiette sont cultivés ici-même, sans engrais, sans rien", assure Alain Prieto.

D'autres restaurants privés s'associent, eux, à des agriculteurs bio privés pour attirer touristes, expatriés et locaux en quête de nouveauté.

Certains innovent pour surprendre: le Café Bohemia a ainsi étonné de nombreux clients en leur proposant du jus de goyave... au poivre noir et au basilic. "Il faut profiter de tout ce qu'il y a à Cuba", assure Annalisa, tout en préparant un petit fagot carotte-gingembre-ananas avec une tige d'herbe.

Non loin de là, les serveurs d'un restaurant étatique quasiment vide se languissent, désarmés face à la concurrence des 1.700 restaurants privés ("paladares") de l'île, souvent de bien meilleure qualité.

Lucide, le gouvernement a converti certains de ses restaurants en coopératives et a entrepris d'en louer d'autres à des particuliers.

Illustrant le nouvel engouement local pour la gastronomie, les émissions de télévision, de radio et les sites internet de recettes se multiplient et se diversifient.

"Aujourd'hui, chacun peut s'asseoir dans un parc où il y a une connexion wifi (payante) et télécharger une recette d'un site de cuisine. Nous pouvons enrichir notre savoir-faire facilement et continuer d'améliorer la cuisine cubaine", dit Alain Prieto.

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16:11 Publié dans AL-Pays : Cuba, Société | Tags : cuba, gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg