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29/01/2026

Le rugby à Cuba en développement après un accord avec la France

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Un accord vient d’être signé entre l’organisation de rugby, le Stade Rugby Académie Cuba et le Lycée Français International de La Havane, pour développer un projet soutenu par l’Ambassade de France et l’Institut National des Sports de l’Education physique et Récréative (INDER) de Cuba.
Cet accord bénéficiera à environ 80 jeunes.

Source : Journal JIT

Le nouvel accord de collaboration signé entre le « Stade Rugby Académie Cuba » et le Lycée Français International de La Havane est considéré comme une étape décisive pour le rugby sur l’île.

L’accord vise à renforcer la coopération entre les deux entités afin de continuer à promouvoir ce sport dans les catégories enfants et à la préparation complète des pratiquants.

Cette alliance apporte un soutien institutionnel à un projet soutenu par l’Ambassade de France à Cuba et l’INDER, dans le cadre de la coopération sportive entre la France et Cuba.

L’académie « Stade Rugby Académie Cuba » a été officiellement créée en octobre dernier avec pour objectif de former et de renforcer les futures équipes nationales féminines et masculines de rugby sur l’île.

Sa mission va au-delà du compétitif ; Elle aspire à être un espace d’apprentissage, d’échange et d’inspiration, où des valeurs fondamentales telles que la solidarité, l’esprit d’équipe et le respect de la diversité sont promues.

Elle est également conçue comme un outil pour créer des liens sociaux, briser les barrières et favoriser un fort sentiment d’appartenance parmi ses membres.

L’axe opérationnel de cette initiative est un programme de formation conçu d’au moins deux ans, qui bénéficie actuellement à 80 jeunes âgés de 6 à 16 ans.

Les joueurs s’entraînent trois fois par semaine dans deux sites officiels situés dans les municipalités de La Havane à Habana del Este et Playa.

Les pratiques sont menées sous la supervision d’une douzaine d’instructeurs locaux, qui assurent une formation structurée et régulière.

La formation est complète, car elle se concentre non seulement sur le développement des compétences techniques et tactiques, mais forme également des arbitres pour les compétitions jeunesse et adulte.

Ce programme repose sur une collaboration étroite entre acteurs cubains et français, mobilisée autour d’un objectif commun : soutenir le développement du rugby à Cuba en renforçant les capacités locales, avec une logique d’autonomie et de transmission du savoir.

Avec la signature de cet accord, le Stade Rugby Académie Cuba consolide et réaffirme son engagement à être un pilier fondamental dans la formation de la nouvelle génération de joueurs.

11:52 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Sport | Tags : cuba, rugby | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

12/01/2026

L'AMÉRIQUE LATINE TRAVERSE UNE PÉRIODE QUI DÉMENT LE DISCOURS TRIOMPHALISTE DE LA DROITE RÉGIONALE. LA DROITE EST EN CRISE

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Les peuples d’Amérique latine disent « ça suffit » et contestent l’influence persistante de l’extrême droite. Ce qui se passe dans la région est un avertissement : si la droite revient au pouvoir avec des mesures d’austérité, un contrôle social et l’érosion des droits, le conflit sera inévitable. L’histoire récente l’a déjà démontré.
Le retour en force de la droite sur le continent est éphémère.
 
L’Amérique latine traverse une période qui dément le discours triomphaliste de la droite régionale. Là où les gouvernements conservateurs promettaient « l’ordre », la « stabilité » et la « confiance dans les marchés », émergent aujourd’hui des soulèvements populaires, des crises de gouvernance et un rejet social. La Bolivie, l’Argentine et l’Équateur sont autant de manifestations d’un même phénomène : des plans d’ajustement imposés d’en haut qui se heurtent à des sociétés et des peuples las de payer pour des crises qu’ils n’ont pas provoquées.
 
En Bolivie, la tentative de rétablir un modèle néolibéral par des moyens institutionnels et judiciaires se heurte à une vive mémoire populaire. Le peuple bolivien n’a pas oublié que l’austérité, la répression et la privatisation des ressources stratégiques au profit du capital transnational ont déjà été mises en œuvre, et rejetées, dans un passé récent. Les tensions sociales actuelles révèlent que sans légitimité populaire, la stabilité est impossible et que tout projet qui ignore le rôle central des droits autochtones, populaires et territoriaux est voué à un conflit perpétuel et à l’échec.
 
En Argentine, l’expérience d’extrême droite menée par Javier Milei révèle son vrai visage : choc économique, érosion des salaires, coupes drastiques dans les dépenses sociales et offensive culturelle contre les droits chèrement acquis. Le résultat n’est pas la prospérité, mais plutôt un appauvrissement accéléré, des manifestations de masse et un effondrement institutionnel manifeste. La scierie n’a jamais touché aux privilèges d’aucune élite : elle a sabré dans les retraites, la santé, l’éducation et l’emploi, sur fond de graves allégations de corruption impliquant la famille présidentielle et de persécution acharnée de tous ses opposants. Face à cela, la rue est une fois de plus le lieu où le peuple fixe les limites.
 
Le cas de l’Équateur est tout aussi révélateur. Le gouvernement du banquier Daniel Noboa, incapable de résoudre la crise sociale, a choisi de militariser le conflit, de décréter l’état d’urgence et de restreindre les libertés face au rejet populaire de la suppression des subventions aux carburants et de l’expansion des industries extractives. L’histoire est bien connue : lorsque la force est la seule réponse au mécontentement, il devient évident que le problème n’est pas d’ordre sécuritaire, mais bien lié au modèle économique. La répression ne remplace ni le consensus ni la volonté de la majorité ; elle ne fait que repousser et aggraver la crise.
Ces processus expriment l’épuisement rapide du projet néolibéral dans sa version autoritaire, qui a de plus en plus besoin de la coercition et de l’instauration de la peur comme pouvoir occulte, car il ne peut plus offrir le bien-être et n’a plus rien à offrir au peuple que des miettes.
 
La droite latino-américaine, sous toutes ses formes, gouverne pour les marchés, jamais pour le peuple. Et cela, dans des sociétés marquées par les inégalités, constitue intrinsèquement une formule instable. La grande question est de savoir si la gauche saura renouer avec le peuple, surmonter sa honte idéologique et de classe, et oser, cette fois, mener à bien les transformations promises, afin de ne pas retomber dans les travers de l’extrême-droite.
 
Le Chili n’échappe pas à ce cycle. Bien que le néolibéralisme y soit présenté comme institutionnel et modéré, les tensions sous-jacentes demeurent les mêmes : salaires insuffisants, dette chronique, privatisation des services essentiels et des droits sociaux, précarité de l’emploi et démocratie limitée par un pouvoir économique qui corrompt tout sur son passage.
Ce qui se passe dans la région est un avertissement : si la droite revient au pouvoir avec des mesures d’austérité, un contrôle social et une érosion des droits, un conflit sera inévitable. L’histoire récente l’a déjà démontré.
La question qui se pose au Chili n’est pas de savoir s’il y aura un conflit, car il est clair que, compte tenu des annonces de coupes budgétaires, de licenciements massifs, de l’érosion des droits acquis et de l’impunité dont jouissent les auteurs de violations des droits humains, le mécontentement va s’accroître. La question est donc de savoir quel projet politique sera capable de canaliser ce mécontentement vers une solution démocratique et populaire, et quel rôle la gauche y jouera.

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L’Amérique latine nous apprend que les peuples n’acceptent pas indéfiniment des gouvernements qui les oppriment. Elle nous enseigne aussi une leçon plus profonde : lorsque la politique se coupe du quotidien de la majorité, la rue reprend possession de l’espace abandonné par les institutions.
 

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Daniel Jadue. Architecte et sociologue. Santiago.
El siglo, 28 décembre 2025.
(*) Daniel Jadue : Membre du comité central du PC Chilien, Jadue est élu maire de Recoleta, une commune pauvre d'environ 150 000 habitants dans la banlieue nord de Santiago, avec 41 % des voix et prend ses fonctions le 6 décembre 2012. Il est réélu en 2016 puis de nouveau en 2021. C'est dans cette ville qu'il crée en octobre 2015 la première pharmacie populaire du pays, permettant de faire chuter les prix des médicaments de 30 % à 50 % (trois entreprises exerçant traditionnellement un oligopole sur ce marché au Chili). Plus de cent cinquante municipalités ont à leur tour adopté ce système. Il élargit progressivement l’initiative en créant une « optique populaire » (avril 2016), une « immobilière populaire » (janvier 2018), une « université ouverte » (novembre 2018), une « librairie populaire » (janvier 2019), ainsi qu'un « magasin de disques populaire » (avril 2019). Il est réélu pour un deuxième mandat en 2016 (56 % des voix), puis pour un troisième mandat en 2021 (64 %).
Il est le candidat du Parti communiste aux primaires de la gauche pour l'élection présidentielle de 2021 mais est battu par Gabriel Boric, qui représente le Front large. Sa défaite, alors qu'il était l'un des favoris de l'élection présidentielle, rassure les marchés financiers. Sa candidature rencontre également l'hostilité des médias chiliens.

02/11/2025

INCROYABLES CUBAINS !

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Maité Pineiro ancienne journaliste de l'Humanité
 
Après le passage de l'ouragan Mélissa, les fleuves ont débordé à Cuba.
Depuis, les opérations de sauvetage se poursuivent pour venir en aide aux populations isolées.
cuba secours.jpgLes images affluent. On y voit la Défense civile, les principaux responsables du parti, de l'armée, de l'état, à pied d'oeuvre, sur le terrain, les pieds dans la boue ou parmi des villageois, sous le choc du traumatisme, affolés et inquiets.
Des scènes normales en temps de désastre. Mais il est peu courant de voir les autorités autant au contact.
 
Le désastre est immense et l'effort, imposé à un pays aux prises avec les pénuries engendrées par soixante ans de blocus, est titanesque .
Mais ces Cubains m’étonneront toujours.
Après Minguito de Santiago dont l'image en train de "sauver" son
Téléviseur a ému des milliers de Cubains, tout autant s'émeuvent maintenant pour un chien.
L'hélicoptère est venu secourir son maître et ses voisins mais a dû le laisser là.
Les vies humaines passent d'abord et dans toutes les catastrophes les animaux, les chats, les chiens, les vaches, les poules et les chèvres passent ensuite. Pas à Cuba, où avant l'arrivée de l'ouragan on a bien vu comment les Cubains essayaient de mettre les animaux à l'abri. Le "sauver toutes les vies humaines" du gouvernement a été transposé par des milliers de personnes en "sauver toute vie".
 
chien cubain.jpgL'image du chien est devenue virale. D'autant que Radio CMKX, radio officielle, a diffusé les images de sa détresse pour en faire un symbole de douleur.
Un texte accompagne les images: " personne parmi les présents ne connaissait son nom mais nul besoin. Nous l'avons vu aller et venir, renifler l'herbe humide à odeur de départ, regarder le ciel et l'oiseau d'acier qui emportait son ami. Nous l'avons vu lever le museau et hurler, hurler avec un mélange de douleur et de résignation. Nous savions que cette plainte qui s'élevait au dessus de la boue et des eaux portait un message : " vas y mon vieux, je veillerai sur la maison. Je t'attendrai."
 
Mal lui en a pris. Depuis, des milliers de Cubains s'émeuvent. Bien sûr, depuis Miami ou et à Cuba même, le gouvernement, l'armée- en oubliant dieu ou le pape- sont accusés d'indifférence, de cruauté.
Mais au-delà, c'est une véritable compassion qui s'exprime.
Mais, vu d'ici, on se demande dans quel pays, l'empathie envers toute vie est telle qu'elle devient enjeu et argument contre le régime ?
Vu d'ici, dans quel genre de soi disant "dictature" constate -t -on pareille empathie avec la vie?
Vu d'ici, on pense, en comparaison , à l'insupportable indifférence devant le massacre des enfants de Gaza.
Dans nos pays qui comptent tant d'organisations d'amis des animaux, même les témoignages sur les chèvres de Palestine, massacrées par des colons, à coups de barre de fer, ou les ânes de Gaza sur lesquels l'armée israélienne joue à faire des cartons, n'ont soulevé aucune indignation. Si les humains ne comptent plus, pitié au moins pour les bêtes.
Il y a eu à Cuba, en solidarité avec Gaza, des manifestations que nous n'avons pas eu à Paris.
A Cuba, pas une vie humaine n'a jusqu'ici été perdue, contrairement à Haïti et République Dominicaine.
A Cuba, les responsables peuvent aller au milieu de leur peuple, en plein désastre et affolement, contrairement à Valence.
A Cuba, avant même que Mélissa frappe, la solidarité s'est levée dans les provinces épargnées, de toute l'île partent maintenant électriciens et équipes en tous genres, les Comités de défense de la révolution collectent partout et l'élan les débordé car elle est mise en œuvre dans les entreprises, les bureaux et même les écoles. La seule et dernière fois que j'ai vu cela, en France, chez moi en Roussillon, remonte à la grève des mineurs des années soixante. J'avais 12 ans, l'institutrice , communiste, les avait fait venir à l’école.
A Cuba, ont est capable de mettre les populations à l'abri puis de compter les victimes alors que le rideau est tombé sur Mayotte et que l'on ne connaîtra jamais le nombre de morts.
Mais à Cuba, cela ne suffit même pas. A échelle de peuple, et par delà les manipulations de l'opposition, il est insupportable d'abandonner un chien.
La clameur est telle que je vous fiche mon ticket : à pied, à cheval ou en hélicoptère, il ne m'étonnerait pas qu'une équipe aille chercher ce sympathique toutou, devenu symbole de douleur et d'empathie humaine.
Incroyables Cubains.
PS: deux heures après avoir publié ce post, un autre signale que le chien a été récupéré. Pari gagné ! En voici un autre: qui parie que les opposants de Miami qui plaident pour le maintien du blocus, qui se sont tant mobilisés pour le toutou, lui enverront ses croquettes ?

09:50 Publié dans AL-Pays : Cuba, Histoire | Tags : cuba, ouragna | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

28/10/2025

Vijay Prashad : « La résistance de Cuba heurte le sentiment de main-mise des États-Unis sur l’Amérique latine »

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Le directeur de l’Institut Tricontinental Vijay Prashad revient sur la politique anti-cubaine de Donald Trump.

L’Assemblée générale des Nations unies devrait adopter une nouvelle fois, ce mercredi, une résolution demandant la levée du blocus imposé depuis 1962 par les États-Unis à La Havane. Le gouvernement cubain, qui qualifie de politique « criminelle et inhumaine » la stratégie d’asphyxie employée par Washington visant à provoquer un « changement de régime » sur l’île, dénonçait le mois dernier un impact estimé à 7,5 milliards de dollars entre mars 2024 et février 2025 sur l’économie du pays. Soit une hausse près de 50 % par rapport à la période précédente. Entretien avec Vijay Prashad, directeur de l’Institut Tricontinental et co-auteur avec Noam Chomsky de « Cuba, l’île insurgée » (2024, Editions Critiques).

Pour rallier des voix à sa cause anti-cubaine, la diplomatie états-unienne tente cette année de faire un lien entre le gouvernement de l’île et la guerre russo-ukrainienne, et continue de vouloir faire passer les programmes cubains de coopération médicale pour du « travail forcé »…

Vijay Prashad, directeur de l’Institut Tricontinental  

Il fut un temps où un journaliste occidental pouvait dire n’importe quoi sur la Corée du Nord, sans aucune preuve, et son journal le publiait. Il en va de même pour Cuba. Les politiciens peuvent dire n’importe quoi, les journalistes le publient. Il n’y a aucune vérification des faits. Nous avons pu le confirmer avec plusieurs exemples des dernières années. La soi-disant utilisation d’une « arme sonique » (l’affaire du « syndrome de La Havane », NDLR) ayant visé des diplomates états-uniens en poste à Cuba, s’est avérée totalement fausse par la suite. L’information selon laquelle le gouvernement chinois construisait une base (d’espionnage, NDLR) à Cuba était aussi totalement fausse. Ce sont des absurdités propagées par le régime états-unien pour délégitimer Cuba, mais elles sont toutes absurdes et sans fondements. Elles ne reposent sur aucun fait. Les faits effraient les impérialistes. Ils préfèrent leurs fantasmes.

Le retour de Donald Trump au pouvoir a au moins le mérite de remettre les pendules à l’heure, alors que beaucoup, en Occident, ont eu tendance à croire que la situation avec Cuba s’était normalisée depuis la présidence de Barack Obama et le rétablissement des relations diplomatiques.

Il n’y a jamais eu de normalisation. Il n’y a eu qu’une atténuation – momentanée – de l’impact du blocus. Le point essentiel concernant ce blocus est qu’il est illégal. Aucune résolution du Conseil de sécurité des Nations unies n’autorise les États-Unis à imposer un blocus empêchant des tiers de faire des affaires avec Cuba. Si les États-Unis ne veulent pas commercer avec Cuba, très bien : ils ne sont pas obligés de le faire. Mais les États-Unis utilisent leur pouvoir pour menacer unilatéralement tout autre pays souhaitant faire des affaires avec Cuba. C’est là que réside l’illégalité du blocus. Le président Barack Obama n’a pas levé le blocus. Le problème est que depuis sa mise en place dans les années 1960, le blocus a été soit renforcé, soit assoupli, sans jamais disparaître. Il a en réalité surtout été renforcé, et avec Marco Rubio au poste de secrétaire d’État, la politique anti-cubaine est au cœur du programme de Trump.

Dans votre livre, co-écrit avec Noam Chomsky, vous pointez du doigt qu’au-delà des intérêts matériels qui ont l’habitude de dicter la politique extérieure des États-Unis, il y a avec Cuba une notion de « défi » qu’il faudrait mater…

La résistance de Cuba, sa façon de défier la première puissance mondiale, heurte le sentiment de main-mise des États-Unis sur l’Amérique latine. Noam et moi avons été très surpris de découvrir, en étudiant des documents d’archives des différentes administrations états-uniennes, que les décideurs politiques de ce pays étaient irrités par « l’esprit de résistance » de Cuba, un mot que l’on voyait revenir fréquemment. Ou encore par « l’esprit de rébellion » de Fidel Castro. Ils le détestaient pour cela, ainsi que pour sa popularité.

Actuellement, lorsque les médias occidentaux évoquent l’attitude interventionniste des États-Unis en Amérique latine, ils ont tendance à l’expliquer (à la justifier ?) en la replaçant dans le contexte de l’actuelle rivalité économique avec la Chine. Cela n’occulte-t-il pas la nature « impérialiste » qui caractérise la politique étrangère de Washington vis-à-vis du sous-continent ?

Les États-Unis sont intervenus en Amérique latine bien avant la montée en puissance de la Chine. Cette histoire remonte à la fondation des États-Unis en 1776. Notre livre commence par le débat aux États-Unis sur l’opportunité d’envahir Cuba, une île que les pères fondateurs nord-américains considéraient comme faisant légitimement partie de leur territoire. Cuba était cruciale pour le projet d’esclavage dans le delta du Mississippi, et les États-Unis voulaient l’intégrer à leur plan économique.

Ils ont finalement réussi à absorber Cuba dans leur sphère d’influence, mais l’ont perdue lors de la révolution cubaine de 1959. La réponse a été le début du blocus. L’interventionnisme états-unien en Amérique latine peut être résumé par l’expression familière « notre arrière-cour ». Croyant arranger les choses, le président Joe Biden (2021-2025) a déclaré que l’Amérique latine n’était plus « l’arrière-cour » des États-Unis, mais son « avant-cour ». Il essayait d’être diplomate, mais en réalité, l’Amérique latine n’est pas du tout la cour des États-Unis, mais un ensemble de pays indépendants.

Luis Reygada pour l'Humanité

10:53 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Histoire, Société | Tags : cuba, livre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg