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15/07/2014

C’est le Fidel Castro que je crois connaître.

CASTRO.jpgPar Gabriel GARCIA MARQUEZ

Article écrit par Garcia Marquez et publié en août 2006 dans le journal « Juventud rebelde ». « C’est le Fidel Castro que je crois connaitre : un homme aux habitudes austères et aux illusions insatiables, d’une éducation formelle à l’ancienne, aux paroles mesurées et aux manières nuancées, et incapable de concevoir une idée qui ne soit pas colossale ».

Sa dévotion pour la parole. Son pouvoir de séduction. Il va chercher les problèmes où qu’ils se trouvent. Les élans de l’inspiration sont caractéristiques de son style. Les livres reflètent très bien l’ampleur de ses goûts. Il arrêta de fumer pour avoir l’autorité morale de combattre le tabagisme. Il cuisine avec une espèce de ferveur scientifique. Il se maintient en excellente condition physique par plusieurs heures de gymnastique quotidienne et beaucoup de natation. Patience invincible. Discipline de fer. Sa force d’imagination entraine les imprévus. Aussi important qu’apprendre à travailler est apprendre à se reposer.

Fatigué de converser, il se repose en conversant. Il écrit bien et aime le faire. La plus grande stimulation de sa vie est l’émotion que procure le risque. La tribune d’improvisateur semble être son mode écologique parfait. Il commence toujours d’une voix presque inaudible, vers une direction incertaine, mais profite de chaque étincelle pour gagner du terrain, pas à pas, jusqu’à ce qu’il donne une espèce de coup de griffe et s’empare du public. C’est l’inspiration : l’état de grâce irrésistible et éblouissant, que seuls ceux qui n’ont pas eu la grâce de le vivre peuvent nier. Il est l’anti dogmatisme par excellence.

José Marti est son auteur de chevet et il eut le talent d’incorporer son idéologie au torrent sanguin d’une Révolution marxiste. L’essence de sa pensée pourrait être dans la certitude que faire un travail de masse, c’est s’occuper fondamentalement des individus.

Cela pourrait expliquer sa confiance absolue en le contact direct. Il a un langage pour chaque occasion et un mode distinct de persuasion selon les différents interlocuteurs. Il sait se mettre au niveau de chacun et dispose d’une information vaste et variée qui lui permet de se mouvoir avec facilité en tous milieux. Une chose est sûre : où qu’il soit, de quelque façon et avec qui il soit, Fidel Castro est là pour gagner. Son attitude face à l’échec, même dans les plus petits actes de la vie quotidienne, semble obéir à une logique privée : il ne l’admet même pas, et n’aura pas une minute de tranquillité tant qu’il n’aura pas inversé les données et l’aura converti en victoire. Personne n’est plus obsessif que lui quand il se propose d’aller au fond de quelque chose. Il n’y a aucun projet, qu’il soit gigantesque ou minuscule, en lequel il ne s’engage avec une passion acharnée. Et spécialement s’il doit se confronter à l’adversité. C’est alors qu’il semble de la meilleure disposition, de la meilleure humeur. Quelqu’un qui pense bien le connaitre lui à dit un jour : les choses doivent aller très mal parce que vous êtes plein d’entrain.

Les réitérations font partie de ses façons de travailler. Exemple : le thème de la dette extérieure d’Amérique Latine était apparu dans ses conversations depuis deux ans et avait évolué, se ramifiant, s’approfondissant. Ce qu’il dit en premier, comme une simple conclusion arithmétique, fut que la dette était impayable. Il y eut ensuite les découvertes échelonnées : la répercussion de la dette dans l’économie des pays, son impact politique et social, son influence décisive dans les relations internationales, son importance providentielle pour une politique unitaire en Amérique Latine… jusqu’à obtenir une vision globale, celle là même qu’il exposa dans une réunion internationale convoquée à ce sujet et dont le temps s’est chargé de démontrer la justesse.

Sa plus étonnante vertu d’homme politique est cette faculté de percevoir l’évolution d’un fait jusqu’à ses plus lointaines conséquences. .. mais il n’exerce pas cette faculté par illumination, c’est le résultat d’un raisonnement ardu et tenace. Son aide suprême est la mémoire et il en use et en abuse dans des discours ou des conversations privées, avec des raisonnements époustouflants et des opérations arithmétiques d’une incroyable rapidité.

Il a besoin de l’aide d’une information incessante, bien mastiquée et digérée. Son travail d’accumulation informative commence dés le réveil. Il prend son petit déjeuner en lisant pas moins de 200 pages de nouvelles du monde entier. Tout au long de la journée on lui fait parvenir des informations urgentes où qu’il se trouve ; il évalue qu’il lit chaque jour une cinquantaine de documents auxquels il faut ajouter les rapports des services officiels et de ses visiteurs ainsi que tout ce qui peut intéresser sa curiosité infinie.

Les réponses qu’on lui fait doivent être exactes car il est capable de découvrir la moindre contradiction dans une phrase banale. Les livres sont une autre source d’information vitale. C’est un lecteur vorace. Personne ne s’explique où il trouve le temps, ni quelle méthode il utilise pour lire autant et aussi vite, bien qu’il soutient qu’il n’en a aucune. Bien des fois il prend un livre le matin et le commente le matin suivant. Il lit l’anglais mais ne le parle pas. Il préfère lire en espagnol et est prêt à chaque instant à lire tout ce qui lui passe dans les mains. C’est un lecteur habitué aux sujets économiques et historiques. C’est un bon lecteur de littérature et il la suit avec attention.

Il est habitué aux interrogatoires rapides. Questions successives qu’il fait en rafales instantanées jusqu’à découvrir le pourquoi du pourquoi du pourquoi final. Quand un jour, un visiteur d’Amérique Latine avança une donnée hâtive sur la consommation de riz de ses compatriotes, il fit son calcul mental et dit : « C’est bizarre que chaque habitant mange quatre livres de riz par jour ! ». Sa tactique maîtresse est de questionner sur ce qu’il sait déjà, pour confirmer ses données et dans certains cas prendre la mesure de son interlocuteur et le traiter en conséquence.

Il ne perd aucune occasion de s’informer. Pendant la guerre d’Angola, il décrivit une bataille avec une telle minutie dans une réception officielle qu’il fut difficile de convaincre un diplomate européen que Fidel Castro n’y avait pas participé. Le récit qu’il fit de la capture et de l’assassinat du Che, celui de l’assaut de la Moneda et de la mort de Salvador Allende ou celui qu’il fit des dégâts du cyclone Flora, étaient de grands reportages parlés.

Sa vision de l’Amérique Latine dans le futur est la même que celle de Bolivar et de Marti, une communauté intégrale et autonome, capable de changer le destin du monde. Après Cuba, c’est les Etats-Unis qu’il connait le mieux. Il connait à fond le caractère de ses habitants, les structures du pouvoir, les intentions cachées de ses gouvernements, et cela l’aidé à déjouer le tourment incessant du blocus.

Pendant un entretien de plusieurs heures, il s’attarde sur chaque sujet, s’aventure dans des détours moins pensés, sans jamais négliger la précision, conscient qu’un seul mot mal utilisé peu causer des dégâts irréparables. Il n’a jamais refusé de répondre à une question aussi provocatrice soit-elle, pas plus qu’il n’a perdu la patience. Si on lui cache la vérité pour ne pas ajouter plus de préoccupations à celles qu’il a déjà : il le sait. Il dit à un fonctionnaire qui l’avait fait : vous me cachez la vérité pour ne pas m’inquiéter, mais quand finalement je le découvrirai je serai accablé par l’impression d’être confronté à tant de vérités que l’on ne m’a pas dites. Les plus graves toutefois sont celles qu’on lui cache pour masquer des déficiences, car a côté des grandes réussites qui soutiennent la Révolution, des réussites politiques, scientifiques, sportives, culturelles, il y a une incompétence bureaucratique colossale qui affecte presque tous les aspects de la vie quotidienne, et spécialement le bien-être des familles.

Quand il parle avec les gens dans la rue, la conversation retrouve l’expressivité et la franchise crue des affections réelles. Ils l’appellent Fidel. Ils l’entourent sans crainte, le tutoient, discutent, le contredisent, lui font de réclamations, par un canal de transmission immédiat par lequel circule la vérité à gros bouillons. C’est alors que l’on découvre l’être humain insolite, que la splendeur de sa propre image ne laisse pas voir.

C’est le Fidel Castro que je crois connaitre : un homme aux habitudes austères, aux illusions insatiables, d’une éducation formelle, à l’ancienne, aux paroles mesurées et aux manières nuancées, et incapable de concevoir une idée qui ne sois pas colossale.

Il rêve que ses scientifiques trouvent la façon de vaincre le cancer et il a créé une politique extérieure de puissance mondiale dans une île 84 fois plus petite que son principal ennemi. Il a la conviction que la plus grande réussite de l’être humain est la formation de sa conscience et que les stimulations morales, plus que les matérielles, sont capables de changer le monde et d’impulser l’histoire.

Je l’ai écouté en ses rares heures de nostalgie, évoquer les choses qu’il aurait pu faire différemment pour gagner du temps sur la vie. En le voyant accablé par le poids de tant de destinées je lui demandai ce qu’il aimerait le plus faire en ce monde, et il me répondit aussitôt : m’arrêter au coin d’une rue.

Gabriel Garcia Marquez

Traduit de l’espagnol par irisinda

»» http://laiguana.tv/noticias/2014/04/23/14818/IMPERDIBLE-E...

08/07/2014

APPEL D'ANDRE CHASSAIGNE : LE SCANDALEUX BLOCUS DE CUBA !

chassaignecuba.jpgA chaque séjour à Cuba, la première question qui revient est toujours la même : comment ce peuple fier et courageux parvient-il à résister au blocus américain qui tente d’asphyxier le pays depuis plus d’un demi-siècle ?

Mis en place en 1962, renforcé en 1992 par la loi Torricelli, puis en 1996 par la loi Helms-Burto, il s’est durci sous l’administration Obama, le bureau du Trésor américain imposant des amendes élevées aux entreprises internationales, notamment les banques, travaillant avec Cuba.

La sanction de 8,9 milliards de dollars prise à l’encontre de la BNP Paribas en est un exemple édifiant.

Pourtant, depuis 1991, les Nations Unies condamnent cet embargo à l’occasion de chaque Assemblée Générale (à l’unanimité en 2013, moins deux voix : celles des Etats-Unis et d’Israël).

Le maintien du blocus est d’autant plus scandaleux qu’il a une application extraterritoriale et ne concerne donc pas les seules entreprises américaines.

L’interdiction de commercer avec Cuba et d’investir sur le sol cubain concerne toute entreprise qui comprend plus de 10 % de technologie américaine. Il interdit aussi toute activité financière sur le sol cubain aux banques effectuant par ailleurs des transactions en dollars.

Le cynisme du blocus va jusqu’à la caricature : ainsi, l’Ambassade de Cuba à Paris a été privée plusieurs années d’ascenseurs et a dû faire appel à un installateur chinois, toutes les entreprises européennes d’ascenseurs étant soumises à l’embargo !

Plus grave encore, le rachat de l’entreprise française Alstom par l’américain Général Electric aura des conséquences immédiates d’une extrême gravité pour l’économie et le peuple cubains.

chassaignecuba1.jpgAlstom assure en effet en exclusivité la maintenance, avec fourniture de pièces de rechange, d’une centrale thermo-électrique qui fournit plus de 10 % de l’électricité cubaine, dont la quasi-totalité de la consommation domestique de La Havane.

Toute solution de rechange est d’ores et déjà bloquée par le repreneur américain d’Alstom.

Après la « période spéciale » des années 1990, faisant suite à la chute du bloc socialiste, qui a entraîné une baisse de 35 % de son PIB, Cuba avait pu redresser de façon remarquable une situation catastrophique avec l’aide du Venezuela et la solidarité des pays progressistes d’Amérique Latine.

Mais trois ouragans dévastateurs ont provoqué des pertes estimées à 10 milliards de dollars, dont elle se remet difficilement.

La crise financière internationale s’est aussi fait sentir avec la chute des cours du nickel et la baisse des recettes du secteur touristique. Aujourd’hui, les graves difficultés de solvabilité et de liquidités provoquées par le blocus entravent la reprise économique.

Président du groupe d’amitié France-Cuba de l’Assemblée nationale, c’est donc très solennellement que je lance un appel à tous les progressistes de notre pays, à tous les amis du peuple cubain, pour qu’ils donnent un élan nouveau aux actions de solidarité et de coopération.

Notre pays se doit aussi d’intensifier les relations économiques bilatérales par le développement de projets industriels et touristiques.

Les gestes récents du gouvernement français, avec la visite de Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du développement international, puis de Fleur Pellerin, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur et de la promotion du Tourisme, doivent trouver un prolongement concret.

Que notre mobilisation soit à la hauteur des enjeux !

05/07/2014

Croissance en berne à Cuba

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À Cuba, le Parlement qui se réunit deux fois par an se penche sérieusement aujourd’hui sur le ralentissement de l'économie du pays. Cette année, la croissance sera de l’ordre de 1,4% au lieu de 2,2% espéré par les autorités.

Malgré les récentes réformes, l’économie cubaine ne décolle pas. Ce ralentissement plus fort que prévu a des causes diverses. Selon les autorités du pays, il est dû essentiellement à la diminution des exportations, à la baisse des envois d’argent de l’étranger, aux mauvaises conditions climatiques et aux insuffisances internes de production.

L'agriculture, secteur déclaré stratégique par le gouvernement reste le gros point noir de l'économie. Le pays importe 80% de son alimentation, pour un coût total de 1,8 milliard de dollars par an. Depuis cinq ans, 1,5 million d'hectares de terres ont été remis en usufruit aux agriculteurs indépendants, mais il reste encore un million d'hectares en friche, 1/6e des terres cultivables. Un décollage de l'agriculture permettrait donc une croissance du PIB.

Mais pour cela il faut des équipements modernes de production, ce qui manque cruellement. L’embargo américain n’arrange pas les choses, car il freine les investissements étrangers. Les entreprises américaines ou étrangères implantées aux Etats-Unis, qui font des affaires à Cuba, sont menacées de sanctions. Le cas de BNP Paribas en est le meilleur exemple.

par RFI

12:03 Publié dans Actualités, AL-Pays : Cuba, Economie, Société | Tags : cuba, économie, berne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

29/06/2014

Cuba, les Canadiens s’y ruent, Anglais, Allemands et Français aussi

100_9582.JPGCuba n’a commencé à s’ouvrir au tourisme que voici peu. Jusque là, seuls quelques bobos soixante-huitards s’envolaient vers l’île, plus par conviction que par désir, avant que le régime castriste ne décide la construction, sur la côte nord, de quelques hôtels « all inclusive » » à Varadero, un bétonnage inspiré de Torremolinos.

En 2013, Cuba a accueilli plus de 2,8 millions de visiteurs, dont un peu moins de 100.000 Français, précédés par les Anglais et les Allemands, et suivis par les Italiens. Très peu de Belges, malheureusement.

En février dernier, les Français étaient déjà plus de 22.000, soit près de 10 p.c. de plus que l’an dernier : Havana Tours, Vacances Transat, TUI, Fram et Thomas Cook étant les principaux tour-opérateurs. Voilà pour l’Europe.

Mais c’est le marché canadien, surtout anglophone, qui est le premier émetteur de touristes à Cuba. Si l’on en croit le ministre cubain du Tourisme, Manuel Marrero Cruz, le tourisme a pesé pour 1,804 milliards de pesos convertibles (près d’un milliard et demi d’euros) et on peut s’attendre à une augmentation de 5 p.c. des arrivées cette année. cuba ministre

Horizon 2030

Dès lors, le tourisme sera-t-il, après le médical, la « bouée de sauvetage » pour Cuba et sa population ?

Cuba a mis en place un ambitieux plan d’investissements destiné à faciliter le tourisme d’ici 2030, qui met l’accent sur le tourisme nautique, le tourisme de nature, le transport et les aéroports — avec notamment le développement prévu de l’aéroport de La Havane — ainsi que les croisières. Le golf va se développer aussi : onze nouveaux terrains sont prévus un peu partout dans le pays, qui viendront compléter le seul green situé en banlieue de La Havane, un neuf trous plutôt minable et trop boisé.

Mais en voulant doter chaque province d’un golf, il est à craindre que Cuba ne commette la même erreur que la Tunisie : les amateurs de la petite balle blanche souhaitent changer de décor durant leur séjour, mais ne sont pas prêts pour cela à faire des centaines de kilomètres.

Réseaux sociaux…

Manuel Marrero Cruz a encore annoncé une nouvelle campagne publicitaire et le recours systématique, désormais, aux nouvelles technologies d’information, entendez : les réseaux sociaux.

Encore faudrait-il qu’Internet, jusqu’ici plutôt surveillé par les autorités, fonctionne correctement et à grande vitesse, un problème qui pourrait être réglé bientôt avec la pose d’un nouveau câble sous-marin entre l’île et le Venezuela.

Enfin, souligne Manuel Marrero Cruz, il faut actualiser le produit touristique : avec la sécurité dans l’île, son patrimoine culturel est la raison principale de leur voyage cuba Eglisepour plus de la moitié des visiteurs. Et là, nous le verrons, Cuba possède une histoire et un patrimoine, notamment architectural, d’une exceptionnelle richesse.

D’autant que la plupart des villes cubaines ont été fondées voici tout juste 500 ans (La Havane, en 1515). Celles-ci s’étaient naturellement regroupées, lors de la Foire du tourisme, au Parc Morro Cabaña, un impressionnant site autrefois militaire, inscrit au Patrimoine de l’UNESCO.

L’avenir à l’entreprise privée ?

Pour les opérateurs locaux, le sursaut viendra peut-être du secteur privé, les entreprises du tourisme faisant partie des quelque 170 secteurs où la création d’entreprises privées est désormais autorisée à Cuba, depuis 2012.

Comme Le 1800, un élégant restaurant de la vieille ville de Camagüey. C’est le plus grand des sept restaurants privé qu’on y trouve déjà, et sans doute aussi le plus élégant, avec sa cave bien fournie sur laquelle veille même un sommelier. Son propriétaire s’est lancé dans l’aventure après une expérience de 17 ans dans la restauration.

Le soutien de la France

Cuba peut aussi compter sur le soutien de la France, présente à la FITCuba avec une dizaine de stands représentant 140 sociétés. C’est que les Antilles françaises, a rappelé Fleur Pellerin, ne sont qu’à 200 kilomètres… Orange, Bouygues et le groupe Accor, pour ne citer qu’eux, sont déjà bien implantés à Cuba, ces derniers devant d’ailleurs y construire un troisième hôtel.

Mais Fleur Pellerin a aussi promis que la France apporterait son expérience et son savoir-faire aux écoles hôtelières cubaines. Ce ne sera pas un luxe, la gastronomie n’étant pas le fort de la cuisine cubaine, jusqu’ici, alors qu’en « fusionnant » les traditions créoles et la cuisine « international », on peut arriver à des résultats très intéressants..

Mains tendues…

Sur Cuba, il y aurait bien d’autres choses à écrire et à dire, si les organisateurs ne décourageaient toute tentative d’entrer en contact avec la population… La situation économique à Cuba est aujourd’hui très, très difficile. cuba embargo

Plus que tout autre pays, Cuba a souffert de la chute de l’URSS et des régimes communistes, ses principaux clients, voire bailleurs de fonds. Dans les rues de La Havane, de plus en plus de gens tendent la main.

José — c’est un nom d’emprunt —, la cinquantaine, porte ostensiblement la kippa et l’étoile de David autour du cou. La synagogue est fléchée depuis le bord de mer, et les quelque 700 juifs de La Havane, assure-t-il, ne sont pas ennuyés par le régime.

On trouve aussi à La Havane quelques restaurants kaschers, mais aussi une église orthodoxe, de nombreuses catholiques — d’ailleurs encore très fréquentées dans ce pays de culture hispanique —, et même encore quelques loges maçonniques : quoi qu’on en pense, Cuba est tolérante.

Le problème est ailleurs : une vieille maman malade et pas d’argent pour la soigner… Un comble, dans ce pays dont la qualité de la médecine est mondialement reconnue.

Mais ils seraient 40.000 médecins et personnels de santé cubains à travailler à l'étranger : en l'échange de l'envoi de personnel médical au Venezuela, par exemple, Cuba obtient des prix réduits sur le pétrole qu'il importe. Cette pratique rapporterait 6 milliards de dollars par an à l'État, soit trois fois plus que le tourisme… qui rapporte déjà lui-même plus que la culture de la canne à sucre.

Claude Boumal pour Pagtour

20:27 Publié dans AL-Pays : Cuba, Loisirs, Voyage | Tags : tourisme, cuba, canada | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg