22/07/2026
Face à Washington Large soutien pour Cuba à l’ONU face au blocus énergétique
Le 7 juillet dernier, Cuba a sollicité un débat à l’Assemblée des Nations Unies sur le blocus pétrolier que les États-Unis imposent à l’île depuis janvier 2026. Avec 136 voix pour et seulement 9 contre, le débat a bien eu lieu malgré des pressions et menaces désormais non voilées de Washington. Les abstentions augmentent toutefois dans le monde occidental.
Il ne s’agit pas du vote annuel pour condamner le blocus économique et financier des États-Unis sur Cuba qui a lieu tous les ans depuis 1992. Ce vote a été sollicité de manière exceptionnelle et urgente par la diplomatie cubaine afin de répondre à la situation qui s’est fortement dégradée depuis le 29 janvier 2026 et la mise en place d’un blocus pétrolier et énergétique par Washington contre Cuba.
Presque aucune goutte de pétrole n’est entrée à Cuba depuis le début de l’année. Le pays doit donc s’en remettre uniquement à de l’énergie solaire ainsi qu’au raffinage de brut extrait localement à Cuba mais en quantité insuffisante et d’une qualité difficile à raffiner. Cela ne permet d’obtenir en moyenne que 2 à 3 heures d’électricité par jour, affectant gravement la vie quotidienne de la population mais aussi les services publics comme les hôpitaux, les écoles, la distribution alimentaire et de l’eau, le transport et le ramassage des déchets. Ce blocus énergétique mis en œuvre par le biais d’un blocus naval constitue un acte de guerre en droit international.
Large majorité mondiale avec Cuba et le respect du droit
Ce vote additionnel a permis d’avoir un débat sur le renforcement du blocus et ainsi de condamner politiquement et diplomatiquement cette attaque contre Cuba. Le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodríguez a souligné que « ce vote n’est pas seulement un triomphe diplomatique ; c’est un hommage à la résilience de notre peuple et la confirmation que le monde n’acceptera pas que la faim et l’obscurité soient utilisées comme des armes de politique étrangère ». Tandis que le secrétaire général des Nations Unies a déclaré qu’« asphyxier énergétiquement un pays est une forme de châtiment collectif incompatible avec la Charte des Nations Unies ». Pour la première fois, le blocus énergétique est donc reconnu comme une violation des principes de l’ONU et comme une forme de châtiment collectif infligé à une population civile.
Une partie de l’Occident vassalisé par Washington
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État des lieux La solidarité avec Cuba progresse Avec 136 voix en faveur de Cuba et du respect du droit, le monde soutient largement Cuba. Les pays qui s’y opposent sont les soutiens traditionnels les plus radicaux de Washington comme Israël, l’Ukraine ou encore l’Argentine par exemple. Ce qui est notable, et qui a commencé à se faire jour lors du vote annuel d’octobre 2025, est que sous une pression très forte de Washington, une partie du « bloc occidental » capitule et s’abstient de défendre Cuba et donc également le droit international. Si ce n’est pas le cas de la France, nous pouvons noter la présence de 30 abstentions avec des pays comme la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie, plusieurs pays d’Europe de l’Est, ou encore l’Australie et le Canada.
La situation internationale et le vote du 7 juillet dessinent donc une nouvelle carte du monde dans cette période troublée ; avec d’un côté une petite meute de pays qui, à l’image d’un Trump, d’un Rubio ou d’un Mike Waltz (ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU) mentent, insultent, et menacent tous ceux qui leur résistent et, de l’autre, les tenants d’un monde multipolaire qui s’affirment nettement.
14:05 Publié dans AL-Pays : Cuba, Politique, Société | Tags : cuba onu | Lien permanent | Commentaires (0) |
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